Exposition photographique à Aix-en-Provence – Petite musique d’Ely à l’Hôtel de Boadès

Publié le 7 septembre 2026 à 19h53 - Dernière mise à jour le 7 septembre 2026 à 19h53

L’exposition « Musiques en Aix » fait revivre plus de cent ans de vie musicale à Aix-en-Provence à travers plus de 200 photographies issues de la production des quatre générations de la famille Ely: Henry, Hugo, Jean et Jean-Eric. Mise en place par l’association CEPPIA dans le cadre du bicentenaire de la photographie, l’exposition est accrochée aux cimaises de l’Hôtel de Boadès.

Destimed aIX MUSIQUE Photo
Le 10 juillet 1990 Tina Turner faisait chavirer les 18 000 fans rassemblés au Stade Maurice-David du Jas de Bouffan. Jean-Eric Ely ne pouvait manquer l’événement… Et le portrait ! © M.E.

Aix-en-Provence et la musique sont unies depuis la nuit des temps, ou presque. Sait-on qu’à l’Ancien Régime, Guillaume Poitevin (1646-1706), joueur de serpent, compositeur, fut maître de musique jusqu’à sa mort en la cathédrale Saint-Sauveur. Il avait comme élève André Campra (1660-1744) qui, né à Aix-en-Provence, a fait ses classes à la maîtrise de la cathédrale avant de devenir lui-même maître de chapelle dans d’autres villes puis d’asseoir sa célébrité à Paris à l’Opéra et à Notre-Dame. La photographie n’existant pas à cette époque, on se contentera des peintures pour mettre des visages sur le noms…

Au fil du siècle

Pour construire cette exposition, Jean-Eric Ely a travaillé sur près de 2 000 fichiers (plaques de verre, pellicules de tous formats, numérique) pour en sélectionner 10%, en devant effectuer des choix parfois cruels mais rendus nécessaires par la capacité d’accueil limitée des cimaises de l’Hôtel de Boadès. Point de départ : l’an 1900 et l’école de musique dont les locaux étaient installés place de Verdun où ils furent remplacés par le tribunal de commerce. Aujourd’hui les bâtiments sont en travaux pour devenir hôtel de luxe. Une série de photographies qui permet de faire connaissance, notamment, avec Marius Lapierre (1825-1903), violoniste et fondateur de l’école de musique aixoise. On y découvre aussi l’harmonie municipale et d’autres images « historiques » et musicales comme celles des bals des années folles.

Les souvenirs se regardent à la pelle…

La déambulation se poursuit tout au long d’un parcours chronologique qui fait ressurgir les souvenirs des Aixois, jeunes et moins jeunes. Naissance du Festival de musique et d’Art Lyrique, concerts donné en haut du Cours Mirabeau dans cette salle mythique du Rex, chère à l’époque à Marcellin Truphème, les concerts au Renoir et au Cézanne avec l’inoubliable Marcel Guillaume qui accueillait Adamo et Jacques Brel avec le sourire et la chaleur humaine, la salle de l’ancien Casino, le « woodstock » de Saint-Pons, le chapiteau sur le champ de foire des Milles. Des centaines, des milliers de souvenirs et de moments dont certains ancrés à tout jamais dans ma mémoire : une « Plume d’Ange » hallucinée de Claude Nougaro, un concert du groupe « Steel Pulse » dont le reggae était accompagné de nuages de Marie-Jeanne qui enchantèrent la salle et, notamment les abstinents, peu nombreux à l’époque, il faut le reconnaître. Il y a aussi la rencontre avec Hélène Grimaud, jeune pianiste prodige et sensible au talent jamais démenti, la tignasse blanche de Léo Ferré l’écorché vif, le dîner avec Serge Gainsbourg et son 102 et cette rencontre prodigieuse avec le trompettiste Dizzy Gillespie immortalisée avec un cliché exceptionnel de Jean-Eric Ely mettant en scène une enfant qui veut gonfler ses joues comme celles du musicien ; c’était dans les coulisses du Rex.

Une « petite musique d’Ely » qui va droit au cœur de celles et ceux qui ont vécu ces instants uniques et qui ravit par sa richesse celles et ceux qui découvrent des portraits parfois insolites, mais toujours superbement réalisés par les quatre générations d’une famille dont il nous plaît, désormais, de découvrir pan après pan les trésors photographiques entrés au Patrimoine de la ville d’Aix-en-Provence.

Michel EGEA

Pratique. Exposition « Musiques en Aix » jusqu’au 1er novembre, Hôtel de Boadès, 8 place Jeanne d’Arc à Aix-en-Provence. Ouvert du mercredi au dimanche de 10 heures  à 12 heures et de 13 heures à 18 heures ( dernière entrée à 11h30 et à 17h30 ) – En savoir plus : associationceppia.fr

Les + de l’exposition

Pour célébrer le bicentenaire de la photographie, l’exposition présente également plus de cinquante appareils, des premières chambres en bois aux modèles numériques récents. Ils accompagnent les images et permettent de montrer concrètement comment la technique photographique a évolué et a influencé les manières de capter les artistes, les scènes et les publics. Entre deux salles, une vidéo retrace la vie et l’œuvre d’Henry Ely (1861-1921), pionnier de la photographie argentique à Aix-en-Provence et véritable « œil de la cité ». Elle replace son travail dans le contexte des débuts de la photographie moderne et montre comment son regard a documenté la mémoire culturelle locale, notamment musicale.

En savoir plus : associationceppia.fr

 

 

 

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