Publié le 18 septembre 2026 à 21h30 - Dernière mise à jour le 18 septembre 2026 à 21h30
Après plusieurs mises en demeure restées sans effet, l’État change de méthode sur le site de Fibre Excellence Provence à Tarascon. Face aux risques d’incendie, de pollution du Rhône et à la présence de produits dangereux, l’Ademe va être chargée d’effectuer les travaux de mise en sécurité que les liquidateurs n’ont pas réalisés. La facture devra leur être adressée.

Le dossier Fibre Excellence connaît un nouveau développement. Depuis l’arrêt de l’activité et la mise en liquidation de l’usine de Tarascon, d’importants volumes de bois et de produits chimiques demeurent stockés sur le site, situé à proximité immédiate du Rhône. Selon le ministère chargé de la Transition écologique, les services de l’État ont pris plusieurs arrêtés de mesures d’urgence, suivis de mises en demeure et de réquisitions. Mais les prescriptions imposées aux liquidateurs, notamment la remise en service de la station d’épuration et du réseau de lutte contre les incendies, n’ont toujours pas été exécutées.
Des déchets dangereux liquides présents sur le site
Une visite conjointe de l’inspection des installations classées et de l’Ademe, réalisée le 15 septembre, a confirmé la présence de bois, de produits dangereux et de déchets répartis sur l’ensemble du site. Le ministère souligne en particulier la présence de déchets dangereux liquides, composés majoritairement de liqueurs. Une situation qui rend urgente, selon l’État, la remise en fonctionnement du réseau de lutte contre les incendies. Le site est classé Seveso. Les pouvoirs publics mettent en avant trois risques principaux : l’incendie, le déversement de produits dangereux et une pollution du Rhône.
L’Ademe se substitue aux liquidateurs
Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a donné son accord au préfet des Bouches-du-Rhône pour que l’Ademe conduise elle-même les opérations de mise en sécurité. Le préfet doit prendre un arrêté de travaux d’office confiant ces interventions à l’Agence de la transition écologique. Il s’agit d’une procédure permettant à l’administration de faire réaliser les travaux nécessaires lorsque l’exploitant ou, dans ce cas, les responsables de la liquidation ne les exécutent pas. « La situation n’a que trop duré. Depuis des semaines, l’incurie des liquidateurs fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mesures d’urgence puis de mise en demeure et de réquisition », déclare Mathieu Lefèvre dans le communiqué du ministère. Le ministre évoque « un site industriel sensible, avec des utilités à l’arrêt, des déchets dangereux et un risque de pollution du Rhône » et affirme que l’intervention de l’Ademe répond à « une urgence impérieuse ».
La facture sera réclamée aux liquidateurs
L’intervention de l’Ademe ne signifie pas que l’État entend supporter définitivement le coût des travaux. Mathieu Lefèvre prévient que « le montant de la facture sera évidemment adressé aux liquidateurs ». Cette décision marque une nouvelle étape dans un dossier où l’urgence environnementale se double désormais d’un bras de fer entre l’État et les responsables de la liquidation de Fibre Excellence Provence.
Émilie BALLARD



