France. Terrorisme, cyberattaques, climat… le pays renforce sa préparation aux crises

Publié le 18 septembre 2026 à 9h16 - Dernière mise à jour le 18 septembre 2026 à 9h16

La France veut renforcer sa préparation face à des menaces devenues « plus nombreuses, plus hybrides et plus imprévisibles ». Terrorisme, cyberattaques, désinformation, atteintes aux infrastructures critiques, crises climatiques ou menaces pesant sur les approvisionnements stratégiques. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez annonce la réunion prochaine, dans chaque département, d’un état-major de sécurité consacré aux enjeux de défense et de sécurité nationale.

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Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez © Joël Barcy

La préparation aux crises change d’échelle. Réunis jeudi 17 septembre autour du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et de la ministre des Armées et des Anciens combattants Catherine Vautrin, les préfets de zone ont été chargés de décliner dans les territoires les orientations arrêtées en juillet par le Comité interministériel pour la résilience nationale (CIRN). La réunion s’est tenue également en présence de Nicolas Roche, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), et des officiers généraux des zones de défense et de sécurité.

Pour le gouvernement, l’évolution des menaces impose désormais de dépasser la seule anticipation. La menace terroriste demeure élevée, mais elle s’accompagne de tensions géopolitiques, d’attaques hybrides et cybernétiques, de campagnes de désinformation et de risques pesant sur les infrastructures essentielles. À cela s’ajoutent les crises climatiques et leurs conséquences potentielles sur l’économie et les approvisionnements stratégiques.

Des états-majors de sécurité dans tous les départements

C’est la principale annonce de cette réunion. Laurent Nuñez doit adresser prochainement une instruction à l’ensemble des préfets de département afin qu’ils réunissent, dans les prochaines semaines, un « état-major de sécurité départemental consacré aux enjeux de défense et de sécurité nationale ». Il s’agit de mobiliser localement l’ensemble des services de l’État mais aussi de mieux associer les acteurs des territoires à la préparation et à la gestion des crises.

La politique nationale de résilience doit ainsi se traduire par plusieurs mesures : sécurisation des approvisionnements en biens vitaux, renforcement de la résilience des réseaux et des télécommunications, amélioration de l’information sur les risques et les menaces, organisation d’exercices territoriaux ou encore modernisation des réserves et de l’engagement citoyen. La Journée nationale de la résilience doit également être élargie aux questions de menace et d’engagement. Un exercice de résilience doit prochainement être organisé dans l’Hérault avant que le dispositif ne soit décliné dans d’autres zones de défense.

État, collectivités, entreprises, associations et citoyens

Le gouvernement entend également élargir le cercle des acteurs concernés. État et collectivités territoriales, mais aussi entreprises, associations et citoyens sont appelés à connaître les risques auxquels ils peuvent être confrontés, à anticiper les crises et à savoir comment réagir lorsqu’elles surviennent. Le SGDSN assurera la coordination interministérielle du dispositif tandis que les préfets devront en être les pivots dans les territoires. « Nous ne sommes plus dans le temps de l’anticipation abstraite, nous sommes entrés dans celui de l’action », précise Laurent Nuñez.

Pour le ministre de l’Intérieur, chaque territoire doit désormais pouvoir « répondre, sans délai, aux crises que nous voyons venir ». Catherine Vautrin insiste de son côté sur la nécessité d’une préparation collective : « Les armées prennent toute leur part à cet effort, aux côtés des services de l’État, des collectivités et de l’ensemble des acteurs de terrain. »  À travers cette territorialisation de la politique de résilience, l’exécutif veut ainsi rapprocher la préparation aux crises du niveau où elles devront concrètement être gérées. Une stratégie qui repose autant sur la capacité à prévenir les menaces que sur celle de maintenir les services essentiels lorsqu’elles surviennent.

Émilie BALLARD

 

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