Publié le 29 septembre 2026 à 22h04 - Dernière mise à jour le 29 septembre 2026 à 22h06
A Marseille quelque 4 000 manifestants ont battu le pavé, ce mardi, pour dénoncer le manque de moyens dans les services publics et un pouvoir d’achat en berne. Lycéens, enseignants, agents hospitaliers, surveillants pénitentiaires et autres personnels de la fonction publique ont défilé pour réclamer de meilleures conditions de travail et des salaires revalorisés.

Mobilisation



Le cortège était emmené par plusieurs centaines de lycéens. Dans leurs rangs se mêlaient les slogans dénonçant la répression policière, la « loterie » de Parcoursup et le manque de moyens dans les lycées. Derrière, l’intersyndicale représentait de nombreuses catégories professionnelles, des électriciens aux agents de France Travail, en passant par les personnels hospitaliers, les surveillants pénitentiaires ou les enseignants. Tous réclament une revalorisation du pouvoir d’achat, de meilleures conditions de travail et davantage de reconnaissance.
« On réclame un statut, on est les invisibles de l’Éducation nationale et on aimerait que ça change, dénonce Samira Simula, AESH (Accompagnante d’élèves en situation de handicap) dans une école primaire. Sans nous, il n’y a pas d’inclusion, sans nous les enfants ne viennent pas à l’école et sans nous les familles sont démunies. Aujourd’hui, on est toutes en grève et les enfants ont dû rester chez eux. »
Précarité


Fonctionnaires et précaires, c’est ce que dénoncent majoritairement les manifestants. Le point d’indice, qui sert de base au calcul de la rémunération des fonctionnaires, n’a pas été revalorisé depuis juillet 2023 et son gel est de nouveau annoncé pour 2027.
« Les fonctionnaires des catégories C et D également se retrouvent au niveau du Smic, signale Jean-Charles Allain, secrétaire de l’UFAP-Unsa Justice aux Baumettes. On subit l’inflation, tout augmente mais notre salaire n’évolue pas. Y’en a assez d’être au seuil de pauvreté. » Certaines personnes sont également venues soutenir des collègues qui ne peuvent pas faire grève, faute de moyens financiers suffisants, et dénoncer la baisse des effectifs. « On est là pour la réduction du personnel dans le service hospitalier, indique Élodie Libert, psychologue. On est là pour les lits qui ferment en psychiatrie. On est là pour les structures d’adolescents qui sont supprimées et on est là parce qu’on manque de lieux pour envoyer nos patients après. Ça, c’est pourtant le rôle du service public. »
Un budget sous tension
Mais pas sûr que la situation s’améliore. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé pour le budget 2027 un effort d’environ 54 milliards d’euros. Parmi les mesures envisagées figure un nouveau gel du point d’indice des fonctionnaires. Difficile, dans ces conditions, pour les manifestants marseillais de croire à une amélioration rapide de leur pouvoir d’achat.
Reportage Joël BARCY



