France 2030. Le CNRS et l’IRD lancent un programme à 50 M€ pour penser une Terre encore habitable

Publié le 29 septembre 2026 à 21h18 - Dernière mise à jour le 29 septembre 2026 à 21h18

Canicules, incendies, bouleversements des écosystèmes et transformations des territoires posent désormais une question qui dépasse la seule mesure du changement climatique : dans quelles conditions pourrons-nous continuer à vivre, mais aussi à bien vivre, sur une planète qui se transforme ? Le CNRS et l’IRD lancent ce 29 septembre TRANSFORM, un programme national de recherche doté de 50 millions d’euros sur dix ans qui associera scientifiques, populations et acteurs locaux.

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Canicules, incendies, bouleversements des écosystèmes… Le programme TRANSFORM veut comprendre les conditions permettant de maintenir l’habitabilité des territoires (Photo Joël Barcy)

Le mot pourrait sembler abstrait. Il est pourtant au cœur de l’un des grands enjeux des prochaines décennies : l’« habitabilité » de la Terre. Pour tenter de la comprendre, le CNRS et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) lancent le programme de recherche exploratoire TRANSFORM, financé dans le cadre de France 2030 et opéré par l’Agence nationale de la recherche (ANR). Son ambition est de croiser des disciplines qui ont longtemps pu travailler séparément. Sciences humaines et sociales, écologie et sciences de la Terre devront étudier ensemble les relations entre les sociétés humaines et les territoires qu’elles occupent.

Vivre dans un territoire ne suffit pas à le rendre habitable

Pour les chercheurs, l’habitabilité ne se résume pas à la possibilité physique de demeurer quelque part. Elle suppose également de pouvoir s’y épanouir dans des conditions satisfaisantes, pour les êtres humains comme pour les autres espèces. Les canicules et les incendies de l’été 2026 ont donné une traduction très concrète à cette interrogation. Mais les réponses ne peuvent être identiques partout. TRANSFORM entend donc étudier et cartographier les différentes formes d’habitabilité à travers une série de contextes locaux, en France comme à l’international. Il s’agira notamment de comprendre le fonctionnement des « socio-écosystèmes », autrement dit les relations permanentes entre les sociétés et leur environnement.

Les habitants deviennent aussi acteurs de la recherche

L’une des particularités du programme réside dans la méthode retenue. Les territoires ne seront pas uniquement considérés comme des terrains d’observation pour les scientifiques. Des sites d’expérimentation réuniront chercheurs en sciences humaines et sociales, écologues et spécialistes des sciences de la Terre, mais également habitants, associations, collectivités territoriales et acteurs économiques. Les populations locales pourront être associées dès la construction des questions de recherche jusqu’à la discussion des résultats. Le programme cherchera ainsi à cartographier les environnements et leur habitabilité, mais aussi à repérer les initiatives locales susceptibles d’être reproduites ailleurs et, éventuellement, d’alimenter les politiques publiques aux échelles régionale et nationale. Avec 50 millions d’euros engagés sur dix ans, l’objectif est donc autant de produire de nouvelles connaissances que d’expérimenter des transformations concrètes.

Quand la science rencontre les arts

TRANSFORM introduit également une dimension plus inhabituelle pour un programme scientifique de cette ampleur. Théâtre, cinéma, arts visuels, design ou écriture pourront être associés aux recherches. L’idée est de rendre visibles les transformations des territoires, mais aussi de sortir les résultats scientifiques des laboratoires afin qu’ils puissent être compris, discutés et appropriés par un public plus large. Le programme prévoit également de former de nouvelles générations d’étudiants et de décideurs aux enjeux liés à l’habitabilité. Cette association entre sciences, populations et création artistique traduit finalement l’ambition de TRANSFORM : ne pas seulement déterminer jusqu’où les territoires peuvent supporter les changements globaux, mais comprendre comment les sociétés qui les habitent peuvent participer à leur transformation.

Piloté par le CNRS et l’IRD pour une durée de dix ans, le programme fait ainsi de l’habitabilité non plus seulement un objet scientifique, mais une question collective.

La rédaction

 

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