Publié le 9 octobre 2026 à 8h46 - Dernière mise à jour le 9 octobre 2026 à 8h46
Pas d’affrontements lors de l’acte 4 de la mobilisation lycéenne. Les CRS ne sont pas intervenus. Élèves, étudiants, enseignants et autres catégories professionnelles ont déambulé pendant de longues heures. La mobilisation se poursuit, car les jeunes ont l’impression de ne pas être entendus par le Premier ministre.

Pas entendus

Ce n’est pas encore la révolution, ni une totale convergence des luttes, mais le regard sur la mobilisation lycéenne a changé. Exit les incidents qui ont émaillé les débuts de la mobilisation, place à un cortège bon enfant où des pancartes improvisées rivalisent de slogans. Les cahiers de doléances semblent mieux perçus, même si rien n’évolue côté gouvernement. « Le Premier ministre nous parle, mais ce n’est que du bla-bla, constate Fabio, élève au lycée Rempart-Vinci. Nos revendications ne sont pas prises en compte. Ils mettent en place une plateforme pour nous écouter, mais on ne sait pas si on va être écoutés. Quant à la répression, il apporte son soutien aux forces de l’ordre, donc non, on n’est pas écoutés. » « Le gouvernement ne nous écoute absolument pas. En revanche, je constate qu’il y a beaucoup de solidarité, note Yaël, lycéenne. Il y a toutes les générations qui sont avec nous aujourd’hui, il y a des jeunes, des moins jeunes et ça fait plaisir. »
Mouvement populaire

Dans le cortège, étudiants, enseignants et diverses catégories professionnelles se sont joints aux lycéens. Le mouvement gagne en popularité. « C’est notre avenir à tous qu’ils défendent, ces jeunes, estime Michel, jardinier. C’est la fierté de notre classe. Ce serait une faute de ne pas être dans la rue. » « Bien sûr que je les soutiens et que je suis fière d’eux, clame Cloé, mère d’une lycéenne, pancarte à l’appui. Qu’ils se battent pour leurs droits, pour préparer un avenir serein et qu’ils puissent choisir autant que possible. » Martine, retraitée, veut la révolution. « Il faut que ça s’embrase, que le mouvement s’intensifie dans toute la France. »
Violences policières

La manifestation a rassemblé environ 5 000 personnes. Les enseignants sont massivement présents, car ils estiment ce mouvement lycéen juste. Ils sont là aussi pour dénoncer les violences policières en marge des manifestations. « Mercredi, je faisais un cordon de protection de nos lycéens qui étaient totalement calmes et pacifiques, commente Emmanuelle, professeure de biotechnologie au lycée technologique Marie-Curie. Il n’y avait aucun problème. Les CRS sont arrivés et nous ont chargés. Ils ont piétiné les profs. C’était violent, c’était méchant, je suis dans une colère et une tristesse énorme. » Thierry Salaris, professeur d’anglais au lycée Marseilleveyre, constate la maturité des manifestants. « Contrairement à ce qu’on montre sur les réseaux sociaux, ils sont très responsables, très organisés. Mais il faudrait que d’autres corps de métier rejoignent leurs revendications. »
Dilemme
Après avoir essayé de discréditer le mouvement à la suite des premières violences, le gouvernement se retrouve devant un dilemme. Céder devant les lycéens, mais les caisses sont vides, ou laisser pourrir le mouvement au risque d’un embrasement. Ce vendredi les lycées devraient encore être bloqués.
Reportage Joël BARCY



