Publié le 22 octobre 2026 à 21h33 - Dernière mise à jour le 22 octobre 2026 à 21h34
Après les pillages et les dégradations qui ont frappé Marseille le week-end dernier, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, annonce un nouveau durcissement des mesures de sécurité. Toutes les manifestations seront interdites dans le département ce samedi 24 octobre. Le couvre-feu est étendu aux majeurs et les transports en commun seront suspendus de samedi 5 heures à lundi 5 heures. Des restrictions exceptionnelles qui pèseront sur les déplacements et l’activité économique tout au long du week-end.

Une semaine après les violences qui ont dévasté de nombreux commerces marseillais et endommagé plusieurs bâtiments publics, les autorités préfectorales entendent prévenir tout nouvel épisode de troubles à l’ordre public. Dans un communiqué daté du 22 octobre, Jacques Witkowski détaille un ensemble de mesures applicables samedi 24 et dimanche 25 octobre. L’arrêté marque un nouveau durcissement du dispositif de sécurité, avec des restrictions qui dépassent largement le seul centre-ville de Marseille.
Toutes les manifestations interdites samedi dans les Bouches-du-Rhône
La première mesure concerne l’ensemble du département. Samedi 24 octobre, aucune manifestation ne pourra se tenir dans les Bouches-du-Rhône, qu’elle ait été déclarée ou non. L’interdiction s’applique également aux rassemblements portant sur des revendications sans rapport avec les événements du 17 octobre, notamment ceux concernant le pouvoir d’achat. La préfecture justifie cette décision par « des raisons évidentes de sécurité et de disponibilité des forces de sécurité intérieure ». Elle rappelle par ailleurs que les manifestations non déclarées sont systématiquement interdites à Marseille depuis plus d’un mois, y compris lors de la journée du 17 octobre.
Le couvre-feu étendu aux majeurs dès 23 heures
Autre changement important, le couvre-feu, jusqu’ici limité aux mineurs, concernera également les personnes majeures. Il s’appliquera de 23 heures à 5 heures du matin, au lieu de 22 heures à 6 heures cette semaine, durant les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi. À Marseille, son périmètre est également élargi aux bâtiments publics et institutionnels, notamment la mairie, la préfecture et le palais de justice, compte tenu des dégradations constatées sur certains de ces sites. Le communiqué ne précise pas les éventuelles dérogations ni le périmètre géographique détaillé du couvre-feu.
Métro, tramway, bus. Les transports suspendus pendant 48 heures
La mesure risque de bouleverser les déplacements de milliers d’habitants. De samedi 24 octobre à 5 heures jusqu’au lundi 26 octobre à 5 heures, l’ensemble des transports en commun concernés par la décision préfectorale sera suspendu. L’interruption touche les métros, tramways et bus dans toute l’agglomération marseillaise. Elle concerne également les dessertes vers les zones commerciales périphériques, notamment Plan-de-Campagne, Vitrolles, Aubagne et Miramas. Les liaisons entre Aix-en-Provence et Marseille, Aix-en-Provence et Salon-de-Provence, ainsi qu’entre Marseille et Salon-de-Provence seront elles aussi interrompues dans les deux sens. Une décision particulièrement lourde de conséquences pour les salariés, les usagers dépendant des transports collectifs et les commerces déjà fragilisés par les événements du week-end précédent.
Les commerçants invités à renforcer leur sécurité
La préfecture indique avoir travaillé avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Ville de Marseille à des mesures de sécurité passive destinées à protéger les commerces et leurs enseignes. vCes dispositions seront communiquées directement aux professionnels concernés par l’intermédiaire de leur réseau professionnel. Aucune consigne détaillée n’est rendue publique dans le communiqué. L’enjeu est considérable pour les commerçants marseillais, dont certains tentent encore de réparer leurs vitrines, de reconstituer leurs stocks et de rouvrir leurs établissements.
Casques, carburants et armes par destination également visés
Plusieurs arrêtés préfectoraux complémentaires viennent renforcer le dispositif. Ils prévoient l’interdiction du port d’équipements de protection individuelle, notamment les casques, gants et lunettes de protection. Le transport de carburant est également interdit, de même que la vente, le port et le transport d’armes par destination, c’est-à-dire d’objets susceptibles d’être utilisés comme armes. Ces dispositions s’inscrivent dans la volonté des autorités d’empêcher la constitution de groupes susceptibles de commettre de nouvelles violences ou dégradations.
Un week-end sous restrictions exceptionnelles
Avec l’interdiction générale des manifestations, l’extension du couvre-feu et la suspension des transports collectifs, la préfecture met en place un dispositif exceptionnel par son ampleur. Ces décisions interviennent alors que Marseille tente de retrouver une activité normale après les pillages du 17 octobre. Elles soulèvent aussi une question immédiate pour les habitants et les acteurs économiques : comment concilier la prévention de nouvelles violences avec les besoins de déplacement, le fonctionnement des commerces et la liberté de manifester ? Pour les autorités, la priorité affichée reste la prévention des troubles à l’ordre public. Pour les Marseillais, ce nouveau week-end s’annonce sous de fortes contraintes.
La rédaction



