La France vient de perdre un serviteur dont la probité restera comme une boussole. Lionel Jospin n’était pas un homme de communication, mais un homme de conviction. Sa démission au soir du 21 avril 2002 restera le symbole ultime de son honnêteté intellectuelle : celle d’un responsable qui tire les conséquences de ses actes, une rareté devenue presque anachronique.

On se souviendra de son courage moral quand, en février 2000, il dénonça le Hezbollah comme une organisation terroriste. À l’époque, il préféra la clarté de sa conscience à la prudence diplomatique, quitte à en payer le prix politique. Face à un personnel politique actuel souvent perçu comme prisonnier de l’image et du cynisme, Jospin demeure une référence. Il prouve, notamment aux héritiers du Parti Socialiste, que la gauche n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle lie le sérieux de l’expertise à une éthique irréprochable. Il s’en va avec l’élégance de ceux qui n’ont jamais sacrifié leur honneur.
Ne faisons pas en sorte qu’avec la disparition de Lionel Jospin, une certaine idée de la République ne s’éteigne avec lui. Et que son héritage irrigue l’avenir de notre pays bien au-delà de sa famille politique !
Nous devons faire nôtre cet enseignement précieux : le plus court chemin vers le respect des citoyens reste la cohérence entre les actes et les mots.



