Publié le 4 octobre 2026 à 9h00 - Dernière mise à jour le 4 octobre 2026 à 9h01
Aix-Marseille-Provence sait attirer les investissements internationaux. En 2025, 26 investissements directs étrangers (IDE) ont permis la création de 1 068 emplois. Ils placent Aix-Marseille-Provence à la première place devant Toulouse (1 042) et Lille (800). Mais le contexte international et la situation de la France pourraient rebattre les cartes.

Une métropole compétitive
Malgré un contexte international complexe, l’attractivité de la Métropole ne se dément pas. La compétitivité de l’activité industrielle arrive très largement en tête dans le choix des dirigeants d’entreprises étrangères (79 %). La présence d’entreprises innovantes et de centres de recherche (71 %), la localisation géographique et l’accessibilité (60 %) sont aussi des éléments clés. « On est dans la course, estime Marc Lhermitte, senior Partner chez EY (Ernst & Young). Il y a dix ans, ce n’était pas le cas. Marseille s’est installée dans une concurrence, juste derrière Lyon qui a pris un coup d’avance, mais être dans la même division que Toulouse, Lille, devant Bordeaux, devant Nantes, c’est une belle réussite. »
Contexte international complexe

Si le nombre d’emplois est positif, en revanche, le nombre de projets est passé de 35 à 26 implantations entre 2024 et 2025. Il reflète le recul des investissements internationaux en Europe. On relève 5 026 IDE en 2025, soit une baisse de 7 % et une chute de 25 % des emplois. La France reste leader avec 852 projets, en repli de 17 %. Et la baisse risque de se poursuivre car l’Europe comme la France n’ont pas pris la mesure de l’évolution internationale. La mondialisation a laissé place à un système de rivalités entre puissances. La souveraineté est devenue l’élément clé avec son corollaire : l’intervention des États dans l’économie « Ce changement de régime implique un super cycle d’investissements, énonce Mathilde Lemoine, chef économiste chez Edmond de Rothschild. Or, depuis les crises souveraines (2010-2012), la France et l’Europe n’investissent plus assez. Elles ne font pas le pari du long terme, elles ne font pas le pari de l’innovation, de l’éducation, de la formation. On le voit avec les chiffres, le rythme d’investissement est cinq fois plus rapide aux États-Unis qu’en zone euro. »
Absence de vision
Cette absence de vision à long terme se retrouve dans les multiples projets de décarbonation sur le bassin de Fos. « Globalement, la notion de planification a été évacuée, estime Alexis Martinez, directeur général de H4 Marseille Fos. Cela faisait trop cryptocommuniste, mais il faut que l’État reprenne son rôle de planification à long terme, qu’il prépare les infrastructures du futur, indépendamment des changements politiques. »
Dans un contexte politique instable et une économie française fragilisée, les prochains mois pourraient s’avérer plus complexes. La confiance des investisseurs dans la Métropole reste toutefois solide, selon les enquêtes.
Reportage Joël BARCY



