Aix-Marseille-Provence : Nicolas Isnard élu président, la métropole entre dans une nouvelle phase

Publié le 7 avril 2026 à 13h45 - Dernière mise à jour le 7 avril 2026 à 13h54

Sans surprise, mais non sans portée politique, Nicolas Isnard a été élu ce mardi matin à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Seul candidat en lice après le retrait de Martine Vassal, fragilisée par sa défaite aux municipales, le maire LR de Salon-de-Provence s’impose largement avec 199 voix sur 237 votants, dans un scrutin marqué par 38 bulletins blancs. Une élection attendue, mais qui acte un tournant dans la gouvernance d’un établissement public stratégique, fort de près de 5 milliards d’euros de budget et de 92 communes.

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Nicolas Isnard prend la tête de la métropole Aix-marseille Provence © Joël Barcy

Une succession sans suspense, mais pas sans enjeu

La victoire de Nicolas Isnard ne faisait guère de doute. Elle s’inscrit dans un contexte politique profondément recomposé, après l’échec de Martine Vassal à Marseille et son choix de ne pas briguer un nouveau mandat métropolitain. Après les années Jean-Claude Gaudin puis Martine Vassal, c’est donc un profil de maire de ville moyenne -mais solidement installé localement- qui prend les rênes de la métropole. Derrière l’apparente fluidité du scrutin, c’est bien une nouvelle séquence qui s’ouvre, avec un équilibre politique redéfini et une attente forte de changement de méthode.

Un accord politique avec Marseille

Pour sécuriser son élection, Nicolas Isnard a su construire un large rassemblement, notamment en direction de la majorité municipale marseillaise de gauche conduite par Benoît Payan. Un accord qui dépasse les clivages traditionnels et qui pourrait peser durablement sur la gouvernance métropolitaine. En ligne de mire : la répartition des postes de vice-présidents et la direction d’organismes stratégiques, à commencer par la RTM pour les transports. Cette alliance, à la fois pragmatique et politique, dessine les contours d’une gouvernance plus transversale, mais aussi potentiellement plus complexe à tenir dans la durée.

« Une métropole au service des maires »

Dès son discours d’investiture, Nicolas Isnard a posé les bases de sa méthode. Une ligne qu’il  assume : « Je serai un président respectueux des différences, un président qui veut rassembler et servir chacun d’entre vous, et en particulier vous, les maires ». Une manière de répondre à une critique récurrente adressée à l’institution métropolitaine : son éloignement des communes et sa centralisation. S’adressant directement à Benoît Payan, il a également insisté sur la place de Marseille dans l’équilibre territorial : « La deuxième métropole de France (…) doit pleinement assumer son rôle. Et sa capitale, Marseille, doit enfin prendre toute sa place au sein de notre institution ».

Revenir à une logique de proximité

Au cœur de son projet, Nicolas Isnard entend réorganiser la métropole autour des territoires, en renforçant les relais de proximité. Il propose notamment la création de « Maisons de la Métropole », conçues comme des antennes locales capables d’accueillir les habitants et de relayer les politiques publiques. « Nos territoires doivent redevenir l’incarnation de véritables bassins de vie », a-t-il affirmé, en plaidant pour une construction des politiques publiques « à partir des attentes concrètes des maires ». Une orientation qui marque une inflexion par rapport à une gouvernance perçue comme plus verticale lors du précédent mandat.

Des compétences structurantes sous pression

Au-delà de la méthode, le nouveau président hérite d’un périmètre d’action particulièrement large et exposé. Transports, logement, développement économique, environnement, propreté ou encore gestion des déchets : autant de compétences où les attentes sont fortes et les résultats souvent scrutés. « Nous sommes condamnés à réussir cette maison commune », a résumé Nicolas Isnard, en insistant sur la nécessité d’« offrir enfin à nos habitants des services publics dignes de la deuxième métropole de France ». Une ambition affichée, qui devra désormais se traduire dans les arbitrages et la mise en œuvre.

Une gouvernance à construire

L’après-midi sera consacré à l’élection des vice-présidents, étape clé pour mesurer concrètement les équilibres politiques de cette nouvelle majorité. Car si l’élection de Nicolas Isnard ne faisait pas de doute, c’est bien la composition de l’exécutif et sa capacité à maintenir un consensus entre des forces politiques diverses qui détermineront la stabilité de ce nouveau cycle. Une chose est acquise : la métropole change de visage. Reste à savoir si elle changera de fonctionnement.

Reportage vidéo Joël BARCY – rédaction  Patricia CAIRE

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