Au nom du vivre ensemble par Hagay Sobol 

Publié le 23 juillet 2026 à 8h12 - Dernière mise à jour le 23 juillet 2026 à 8h31

Concert de Barbara Butch interrompu. Spectacle d’Amir déprogrammé « pour raisons de sécurité ». Cinéastes, écrivains, universitaires écartés pour mauvaises opinions…

…Il est temps d’aller au bout de la logique.

Destimed Rouvrir les ghettos
Rouvrir les ghettos ! © Hagay Sobol

(Fiction satirique[1])

Une députée prend alors la parole à l’Assemblée… 

La liberté, c’est l’exclusion !

Elle s’empare du micro : Madame la Présidente, mesdames et messieurs les députés, c’est le cœur lourd que je prends aujourd’hui la parole au nom de mon groupe.

Vous savez la passion qui nous anime.

Et nous avons démontré à maintes reprises notre attachement à cette France, nouvelle, au point de tout faire pour la servir.

L’heure est grave, des personnes innocentes sont menacées chaque jour dans leur intégrité.

Quelle est CETTE MENACE ?

L’exposition répétée à des idées que nous jugeons intolérables !

Cette liberté d’expression pluraliste qui dissimule, en son sein, un mal d’une gravité sans pareille : la confusion engendrée par le doute et le questionnement.

Nous sommes ici pour dire que c’en est trop !

Nous ne pouvons pas admettre que nous soyons remis en cause, et avec nous, ces valeurs fortes que nous portons.

Nous ne connaissons aucun répit. Ils nous imposent, en tous lieux et à chaque instant, le vivre ensemble, la tolérance, l’inclusivité.

Leur définition de la tolérance diffère manifestement de la nôtre !

Nous comprenons celles et ceux qui, ne sachant que faire, sont tentés de leur jeter la pierre ou des bouteilles.

Nous souffrons avec eux. Leur violence est souvent le dernier refuge de leur désespoir.

S’ils passent à l’acte, ces défenseurs de nos idées, c’est souvent sous la contrainte.

A l’insu de leur plein gré.

Comme toujours, la police et la justice risquent de les réprimer et les condamner, alors qu’ils sont dans le camp du bien.

Ayons également une pensée pour ces endoctrinés qui ne savent plus faire la différence entre le bien et le mal.

Pour sauvegarder notre pays, nous devons mettre une barrière entre eux et nous.

D’abord, pour préserver la sérénité du débat public et éviter les confrontations inutiles.

Surtout pour protéger chacun des discours susceptibles de le blesser.

Mais également, pour défendre ces inconscients des conséquences fâcheuses de leurs actes et permettre de les rééduquer !

Faut-il vraiment laisser quelques individus menacer la cohésion nationale au nom d’une conception erronée de la liberté ?

Pour le bien de la France et des Français, nous devons organiser une séparation temporaire.

Créer des espaces dédiés.

Des lieux protégés.

Pour eux comme pour nous.

D’autres époques avaient un mot plus simple pour cela : les ghettos.

Pour eux…

Ensuite, pour tous ceux qui n’auront pas compris.

Préserver la démocratie

Chaque époque choisit elle-même le moment où elle décide que l’exclusion est devenue une vertu. En annulant des spectacles plutôt qu’en garantissant leur tenue, une démocratie déplace peu à peu la frontière entre la protection des citoyens et la récompense de ceux qui menacent.

Les ghettos ne commencent jamais par des murs.

Hagay Sobol, Professeur de Médecine est également spécialiste du Moyen-Orient et des questions de terrorisme. A ce titre, il a été auditionné par la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée Nationale sur les individus et les filières djihadistes. Ancien élu PS et secrétaire fédéral chargé des coopérations en Méditerranée. Il est Président d’honneur du Centre Culturel Edmond Fleg de Marseille, il milite pour le dialogue interculturel depuis de nombreuses années à travers le collectif « Tous Enfants d’Abraham ».

[1] Cette fiction satirique ne décrit pas une réalité mais l’aboutissement hypothétique d’un raisonnement poussé à son extrême.

 

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