Drame de la rue d’Aubagne. Mobilisation avant le procès en appel ce lundi

Publié le 1 novembre 2026 à 23h12 - Dernière mise à jour le 1 novembre 2026 à 23h12

Huit ans après l’effondrement d’immeubles à la rue d’Aubagne, qui a coûté la vie à huit personnes, familles des victimes et collectifs de soutien restent mobilisés. Ce dimanche, à la veille du procès en appel, plusieurs centaines de personnes ont rejoint, en cortège, le lieu du drame, au 63-65, rue d’Aubagne.

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Huit ans après le drame de la rue d’Aubagne, familles des victimes et collectifs de soutien défilent dans les rues de Marseille pour réclamer justice (Photo Joël Barcy)

Procès douloureux

Pour les parents des victimes, ce second procès est douloureux. Ce qu’ils ont vu et entendu lors de la première instance a encore ajouté à leur peine. « Nous avons vu la négligence voire l’indifférence », confie Mariella Carpignano, qui a perdu sa fille Simona dans l’effondrement. « Nous avons vu le mépris et l’arrogance. Le comportement de certains prévenus nous a attristés et nous a fait comprendre à quel point ils n’ont aucun respect pour l’homme et la dignité. » Face à l’indifférence, Liliana Lalonde se reprocherait presque l’éducation qu’elle a donnée à son fils Julien, qui l’a peut-être conduit à la mort. « Je lui ai appris à faire confiance aux gens, aux institutions, aux administrateurs. Quelques jours avant sa mort il m’a dit maman n’ai pas peur, ils m’ont dit qu’ils allaient réparer l’immeuble. Je lui ai dit il vaudrait peut-être mieux que tu t’en ailles. Il m’a dit non maman fait leur confiance. Alors pourquoi je lui ai appris cela. Pourquoi ? »

« Des condamnations exemplaires »

Justice pour les victimes, un logement digne pour tous, c’est le combat mené par le collectif du 5 novembre. Il espère des condamnations sévères pour les prévenus. « Quand on dit qu’ils sont 100% responsables ça veut dire qu’on attend des condamnations exemplaires de l’ensemble des prévenus sans exception », indique Kevin Vacher, membre du collectif du 5 novembre. « Cela permettra de faire savoir au reste de la ville, à tous les bailleurs indignes, à toutes les institutions, à tous les élus que nous sommes là et que nous resterons là pour que plus jamais un tel drame n’arrive. »

Des politiques discrets

Seuls des représentants de LFI, les députés de Marseille Manuel Bompard et Sébastien Delogu ainsi que Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, étaient présents, mais ils sont restés le temps d’une photo avant le départ du cortège. Le procès s’ouvre ce lundi à la caserne du Muy, à Marseille, dans les locaux du tribunal pour les procès hors normes. Seize prévenus comparaissent. Le procès doit durer sept semaines.

Reportage Joël BARCY

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