Publié le 28 août 2026 à 9h43 - Dernière mise à jour le 28 août 2026 à 9h43
L’Europe renforce ses capacités de surveillance météorologique. Le satellite MTG-I2, dont Thales Alenia Space est le maître d’œuvre, a été lancé avec succès ce jeudi 27 août depuis Kourou, en Guyane française, à bord d’une Ariane 62. Il pourra fournir une nouvelle image de l’Europe toutes les deux minutes et demie, une avancée majeure pour suivre et anticiper les phénomènes météorologiques violents.

À 36 000 kilomètres au-dessus de la Terre, un nouvel œil va bientôt scruter l’atmosphère européenne. MTG-I2, deuxième satellite imageur du programme Meteosat Troisième Génération (MTG), a rejoint l’espace ce jeudi 27 août après son lancement par Arianespace depuis le Centre spatial guyanais.
Derrière ce concentré de technologie européenne se trouve notamment Thales Alenia Space, société détenue à 67 % par le groupe français Thales et à 33 % par l’italien Leonardo. Fortement implantée à Cannes, au cœur de la filière spatiale azuréenne, l’entreprise est maître d’œuvre de MTG-I2, réalisé en coopération avec OHB. Et l’histoire entre Thales Alenia Space et Meteosat ne date pas d’hier : l’entreprise est maître d’œuvre de ces satellites pour l’Agence spatiale européenne (ESA) depuis l’origine. Elle a livré sept satellites Meteosat de première génération, quatre de deuxième génération et désormais trois appareils de troisième génération.
Une image de l’Europe toutes les deux minutes et demie
MTG-I2 doit rejoindre en orbite Meteosat-12, premier satellite imageur de cette nouvelle génération lancé en décembre 2022, et MTG-S1, satellite chargé de sonder l’atmosphère, lancé en juillet 2025. Ensemble, ils constituent la première constellation du système Meteosat Troisième Génération. Développé dans le cadre d’une coopération entre l’ESA et EUMETSAT, l’organisme chargé d’exploiter les satellites météorologiques européens, le programme doit assurer la continuité de la veille météorologique à haute résolution au-delà de 2040. Mais c’est surtout la rapidité avec laquelle MTG-I2 pourra observer l’évolution de l’atmosphère qui marque un changement d’échelle.
Alors que Meteosat-12 fournit des images de l’Europe et de l’Afrique actualisées toutes les dix minutes, MTG-I2 pourra concentrer son observation sur l’Europe et produire une nouvelle image toutes les deux minutes et demie. Son imageur de nouvelle génération, qui travaille dans 16 bandes spectrales, offre une résolution comprise entre 500 mètres et un kilomètre. Il peut également fournir une photographie complète du disque terrestre en dix minutes, contre quinze minutes pour la génération précédente.
Mieux suivre les orages violents
Ce gain de temps est loin d’être anecdotique. Il doit notamment améliorer la prévision immédiate, celle qui consiste à observer et prévoir, quasiment en temps réel, des phénomènes susceptibles d’évoluer très rapidement. Les images haute résolution fournies par Meteosat-12 et MTG-I2 seront combinées aux informations recueillies par le sondeur atmosphérique MTG-S1. Les météorologues disposeront ainsi de données plus précises pour suivre notamment la formation et le développement des orages violents et autres événements météorologiques extrêmes. Une capacité d’anticipation qui prend une importance croissante avec le changement climatique et la multiplication d’événements susceptibles de menacer directement les populations.
« Je me réjouis du lancement réussi du troisième satellite de la flotte Meteosat Troisième Génération, qui contribuera à une amélioration des prévisions météo immédiates et à une anticipation sans précédent des épisodes météorologiques extrêmes », souligne Hervé Derrey, PDG de Thales Alenia Space. Il estime qu’une fois MTG-I2 opérationnel, l’Europe disposera « des services météorologiques les plus sophistiqués au monde depuis l’orbite géostationnaire ».
De 30 minutes à 2 minutes 30
Le chemin parcouru permet de mesurer le saut technologique. Lorsque les premiers Meteosat ont commencé à observer la Terre en 1977, leurs images étaient renouvelées toutes les trente minutes. La deuxième génération avait réduit ce délai à quinze minutes. La troisième le ramène à dix minutes pour une observation complète et désormais à deux minutes et demie au-dessus de l’Europe en mode rapide. MTG-I2, dont la durée de vie nominale est de huit ans et demi, travaillera en tandem avec Meteosat-12. Avec MTG-S1, les trois satellites doivent assurer cette nouvelle génération de surveillance avant d’être progressivement remplacés par une nouvelle constellation, dont les premiers lancements sont envisagés à partir de 2033.
Près d’un demi-siècle après les premières images de Meteosat, l’Europe peut désormais observer certaines évolutions météorologiques presque au rythme où elles se produisent. Quelques minutes gagnées dans le ciel qui peuvent devenir précieuses au sol lorsqu’un phénomène violent se développe.
Patricia CAIRE



