Publié le 2 avril 2026 à 18h31 - Dernière mise à jour le 2 avril 2026 à 18h31
Tous ceux qui ont déjà vu et entendu en concert le pianiste Mao Fujita sont unanimes : il compte parmi les meilleurs instrumentistes du monde. Une nouvelle démonstration en a été faite ce 31 mars au GTP, où il a impressionné le public.

Né à Tokyo en 1998, Mao Fujita commence le piano à l’âge de 3 ans. En 2017, alors qu’il est encore en première année au Conservatoire de musique de Tokyo, il remporte le 27e Concours international de piano Clara Haskil en Suisse, ainsi que trois autres distinctions : l’« Audience Award », le « Prix Modern Times » et le « Prix Coup de cœur ». Cet exploit lui vaut une reconnaissance internationale. Invité par de nombreux orchestres et présent au Verbier Festival en tant que musicien de l’Academy, il s’impose aussi bien en soliste qu’aux côtés d’un orchestre. Ce fut encore le cas lors de cette soirée provençale.
Beethoven, Brahms et un dialogue musical inspiré
Au programme, pour débuter, la Sonate n°1 de Beethoven, une œuvre relativement peu jouée. Fidèle à l’héritage de Haydn et Mozart, le compositeur y affirme déjà son désir d’exprimer sa propre voix. Mao Fujita enchaîne avec des pièces de Wagner extraites de Dans l’album de la Princesse Metternich. Élégant et profond, sans excès ni boursouflure, son jeu à la fois sobre et intense met en lumière toute la richesse de l’œuvre. « La mort d’Isolde » viendra conclure le concert avec éclat. L’héritage beethovénien se prolonge dans les Variations sérieuses de Mendelssohn, monument du répertoire, qui succèdent aux plus énigmatiques 12 variations sur un thème original d’Alban Berg, fortement marquées par l’influence de Brahms. Le pianiste se joue des difficultés techniques avec une aisance remarquable, sans jamais tomber dans la démonstration. La Sonate n°1 de Brahms, elle aussi inscrite dans la filiation beethovénienne, achève de convaincre : le public est à la fois impressionné et profondément touché.
Une virtuosité au service de l’émotion
Car c’est bien là la force de Mao Fujita : une virtuosité éclatante, toujours au service d’un sens poétique profond. Inventif, précis, il conclut son concert par une pièce de Rachmaninov, suivie d’un bis construit autour de variations d’une grande beauté. Une soirée sublime, tout simplement.
Jean-Rémi Barland



