Publié le 20 mai 2026 à 20h51 - Dernière mise à jour le 20 mai 2026 à 20h51
Le président du CRIF Marseille-Provence, Bruno Benjamin, appelle à une mobilisation ce jeudi 21 mai à 9h30 devant le Mucem à Marseille, en réaction à une programmation annoncée par l’institution culturelle autour de Gaza.

Intitulée « Faire face à l’anéantissement de Gaza », cette séquence suscite de vives critiques de la part du CRIF Marseille-Provence, qui estime que l’intitulé et l’approche retenus présentent une lecture « partielle et militante » du conflit israélo-palestinien. Dans son appel à mobilisation, Bruno Benjamin considère que l’utilisation du terme « anéantissement » pose problème « sans rappeler le pogrom du 7 octobre, les massacres terroristes, les otages encore détenus et les souffrances israéliennes ». Le président du CRIF Marseille-Provence appelle ainsi « toutes celles et ceux attachés à l’équilibre, à la vérité historique, au refus de la haine et à la dignité du débat public » à se rassembler devant le Mucem afin d’exprimer « dans le calme, la dignité et la responsabilité » leur désaccord avec cette programmation.
La question du rôle des institutions culturelles
Au-delà de la polémique immédiate, cette prise de position relance le débat sur la place des institutions culturelles dans les grands conflits contemporains et sur leur capacité à traiter des sujets hautement sensibles sans être accusées de parti pris. Pour Bruno Benjamin, « une institution culturelle doit rassembler, éclairer et créer du dialogue, pas attiser les fractures ». Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas après les attaques du 7 octobre 2023, les initiatives culturelles, universitaires ou artistiques liées à Gaza provoquent régulièrement tensions et controverses en France, notamment autour du vocabulaire employé, des représentations du conflit et de la place accordée aux différentes mémoires.
Un climat particulièrement sensible
À Marseille, ville marquée par une forte diversité culturelle et religieuse, ces questions prennent une résonance particulière. Les débats autour du Proche-Orient y suscitent régulièrement des prises de position fortes de la part des acteurs politiques, associatifs et communautaires. Le rassemblement annoncé jeudi devant le Mucem devrait ainsi se dérouler dans un contexte particulièrement sensible où se mêlent mémoire, émotion et tensions autour de la manière de nommer et de représenter le conflit.
Patricia CAIRE



