Depuis le déclenchement de l’opération conjointe américano-israélienne contre l’Iran, la situation évolue de minute en minute et s’amplifie sur de multiples fronts, y compris économique.

Ce nouvel épisode de la confrontation armée avec la théocratie chiite est bien différent de celui de 2025. Après le coup de semonce de juin dernier ayant pour but d’amener les mollahs à négocier, ce nouvel avatar mobilise des moyens sans précédents avec l’objectif avoué d’atteindre le régime. Ce n’est plus une coalition mais une attaque conjointe de deux pays, désignés comme les « grand et petit Satan » par la mollarchie. La République islamique prône un combat existentiel contre l’Amérique et la destruction d’Israël. Washington et Jérusalem ayant beaucoup en partage, il a été plus aisé de trouver des points de convergence et de préparer un plan d’action précis et de le mettre en œuvre.
Le régime décapité en 1 minute mais pas encore renversé
En une minute, la première attaque a décapité le régime avec l’élimination de l’Ayatollah Khamenei et de 40 commandants. Depuis, le successeur du guide suprême, à peine nommé, a déjà été éliminé ainsi que l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Les pertes d’importance ne se comptent plus. La précision des renseignements illustre le haut niveau de pénétration du pouvoir par le Mossad et la CIA.
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Les attaques ciblées sont ininterrompues dans le but d’instiller la terreur et de briser la chaîne de commandement d’un pouvoir qui a anticipé de longue date ces pertes. Sauf, qu’avec les sanctions, la restriction de mouvement et la paranoïa du régime, les remplaçants n’ont pas le même niveau de compétence, d’expérience ou de confiance que leurs prédécesseurs. Ce qui affaiblit tant sur le plan quantitatif que qualitatif la dictature cléricale aux abois, depuis le conflit de juin 2025 et la contestation populaire réprimée dans le sang.
Les objectifs iraniens visés
Les deux alliés ont attaqué des milliers cibles stratégiques du régime : le programme nucléaire, des infrastructures pétrolières et militaires (usines de fabrication d’armement, stocks de missiles et de drones, rampes de lancement, radars, DCA…), des jets, des navires de guerre ou les installations portuaires. Sans oublier les institutions du pouvoir dans la capitale elle-même (Ministères, résidences des dirigeants, casernes, centre d’entrainement, les Basijs…). Mais beaucoup reste encore à faire dans cet immense pays de 90 millions d’habitants où les atouts de la théocratie perse ont été dispersés. Cependant, les banques de cibles sont à jour. D’après les services de presse des armées alliées, elles comprendraient des dizaines de milliers de sites. Le locataire de la Maison blanche a indiqué que pour atteindre ses objectifs principaux il lui faudrait 4 semaines.
Représailles iraniennes
Malgré les combats, Donald Trump a encore invité l’Iran à négocier pour éviter des pertes inutiles. En réponse, Téhéran, a attaqué massivement 15 pays, directement ou via leurs actifs militaires : 9 pays arabes, 4 pays de l’UE (Chypre, France, Grande-Bretagne, Italie), les USA et Israël (dont Jérusalem et ses lieux saints). Les cibles sont militaires mais également civiles (habitations, hôpitaux, lieux de culte). Les pétromonarchies, ayant tout fait pour désamorcer le conflit, ont menacé de s’engager activement dans le conflit. Les Européens, plus timides, proposent d’aider les pays du Golfe à se défendre contre les missiles et les drones. Islamabad a pour sa part vivement condamné l’agression contre son allié l’Arabie Saoudite.
Attaque du Hezbollah libanais contre Israël
Du côté des proxys iraniens, hormis l’implication des milices chiites irakiennes et des manifestations anti-américaines, comme au Pakistan, c’est surtout, la décision suicidaire du Hezbollah d’attaquer Israël qui est préoccupante avec des tirs sur des agglomérations civiles, comme Haïfa et en direction de Tel Aviv. Il plonge une fois de plus le Liban dans la tourmente malgré le cessez-le-feu et la présence de la FINUL. Pour faire face aux différents fronts, Tsahal a mobilisé 100 000 réservistes et les représailles de l’État hébreu sont d’une très grande intensité. Ont été visées les positions de la milice chiite au Sud du Liban, le fief de la Dahieh à Beyrouth et la plaine de la Bekaa. Des chefs terroristes ont été éliminés. Le Premier ministre du pays du cèdre a condamné les tirs de roquette et appelé à « interdire les activités militaires du Hezbollah ». Quant au président, il a dénoncé l’utilisation « du Liban comme plateforme pour une guerre qui ne les concerne pas ». Pour l’occasion, l’État hébreu a fait usage, pour la première fois officiellement, de son Dôme laser pour contrer des roquettes tirées à la frontière Nord. Il est également à noter, les Houthis yéménites, pourtant toujours prompts à intervenir, n’ont pas encore rejoint la confrontation, mais cela pourrait changer.
Un bilan humain déjà élevé
Avec l’intensité des combats le bilan humain, encore provisoire, est déjà élevé. Malgré le système multicouche antimissile, Israël déplore la mort d’au moins 12 civils et 777 blessés. Les USA ont annoncé la perte de 4 militaires et 5 blessés graves. Dans les pays arabes, les Emirats Arabes Unis comptent 3 décès et 58 blessés, le Koweit, 1 mort et 30 blessés, Bahreïn et la Jordanie, 1 mort chacun. En Iran les pertes sont très lourdes mais impossibles à vérifier. Elles font l’objet d’une guerre informationnelle minimisant les pertes militaires et du régime et amplifiant les pertes civiles. Le Croissant rouge iranien fait état de 555 à 1 000 décès (dont les dirigeants) et plus de 4 000 blessés. La frappe d’une école, d’abord imputée aux alliés, n’a pas été confirmée, mais serait le résultat d’un missile défectueux tiré par les forces du régime. Comme à Gaza avec l’hôpital al-Alhi, Israël a été immédiatement condamné sans vérification, alors qu’il s’agissait d’un projectile du Djihad islamique. Au Liban, on dénombrerait 31 morts, majoritairement des miliciens, et 149 blessés.
Impact économique
L’Iran contrôle le détroit d’Ormuz, par où transitent 20% de la consommation mondiale de pétrole. Il est virtuellement fermé. Cependant, c’est une arme à double tranchant. Ce serait un suicide économique car les hydrocarbures sont la source de revenu principale du pays. Les effets sont pour l’heure mesurés. Le cours du pétrole augmente sans s’enflammer (baril de Brent à 82,50 $), et les pays producteurs de l’OPEP ont accru la production pour faire face à la situation. Mais c’est surtout la Chine, principal client de Téhéran qui serait impactée. On peut gager qu’elle saura modérer les ardeurs de son allié.
L’Iran seule contre tous !
Téhéran a réussi le tour de force d’unir le monde entier contre lui. La chine et la Russie se sont contentés du minimum syndical avec des condamnations de principe. Quant à l’ONU, le Secrétaire général, Antonio Guterres continue d’appeler à une « désescalade immédiate » sans être entendu !
Des mises à jour régulières suivront.



