Le ralliement de la présidente LR des Bouches-du-Rhône à Éric Ciotti fait des vagues. Entretien avec Didier Réault

Publié le 14 mai 2026 à 19h59 - Dernière mise à jour le 14 mai 2026 à 19h59

Laure-Agnès Caradec a franchi le Rubicon et laisse les adhérents LR orphelins. En rejoignant Eric Ciotti Union des droites républicaines (UDR), alliée du RN, elle laisse une fédération en plein doute. Analyse de ce départ avec Didier Réault, le trésorier de la fédération LR des Bouches-du Rhône qui évoque le départ de 30% des militants.

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Didier Réault trésorier de la Fédération Les Républicains (LR) 13 (Photo Joël Barcy)

Destimed. Vous avez été surpris par le ralliement de Laure-Agnès Caradec à Éric Ciotti ?

Didier Réault :  Cela couvait un peu donc je ne suis pas surpris mais c’est forcément un coup et une déception pour les militants. Elle m’a averti par téléphone.

Comment expliquez-vous son choix ?

 Comme de nombreux militants et adhérents, elle ne se retrouve plus dans ce parti. Bruno Retailleau n’est pas assez tonique, pas assez mordant dans ses positions. On réclame une droite libérale qui s’exprime fortement en matière de sécurité et d’immigration.

Vous qui êtes à la droite de LR, avez-vous été tenté de suivre le même chemin que Laure-Agnès Caradec ? 

 Non, moi je suis LR par principe et libéral. Pour moi le credo c’est la liberté et la responsabilité individuelle. Une liberté maximum. On n’attend pas tout de la puissance publique. L’individu est responsable de ce qu’il fait. Il respecte les lois. Je ne suis pas sûr d’avoir cela à l’UDR.

Cette démission de Laure-Agnès Caradec de la présidence de la Fédération 13 va-t-elle entraîner d’autres départs ?

 Des élus et des militants n’ont pas attendu le départ de la présidente pour quitter le navire. Certains ont rejoint les équipes du RN pour les municipales. Mais c’est sûr que l’absence de ligne claire entraîne une érosion. Environ 30% des adhérents ont quitté le mouvement ces derniers mois dans les Bouches-du-Rhône. On est passé de 3 000 à environ 2 000 militants.

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Au-delà du manque de tonicité de Bruno Retailleau que vous évoquez, en quoi le message de ce parti ne vous convient plus ?

En fait, la grosse erreur a été la création de l’UMP en 2002 par Jacques Chirac. Elle a amoindri les sensibilités. Avant, on avait le RPR avec une ligne républicaine de droite affirmée et l’UDF, centriste et libérale. L’UMP a permis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence mais depuis on a un discours tiède. Les militants n’ont toujours pas digéré la RGPP (Révision générale des politiques publiques) où on a refusé d’effectuer des choix. On a dégraissé partout, même dans la police et la justice. Les anciens militants m’en parlent encore. Ils évoquent une trahison.

 Cette fois le cordon sanitaire avec le RN est définitivement tombé ?

 C’est clair qu’il y aura des rapprochements entre la droite républicaine, la droite libérale et la droite de Ciotti lors des prochains scrutins. Des adhérents quittent le parti et des élus s’interrogent sur leur positionnement.

Est-ce que cela aura un impact sur les sénatoriales ?

Ne me parlez des sénatoriales. La situation est désolante avec la multiplication des candidats de la droite et du centre dans le département. Il faudrait sérieusement s’unir pour éviter une catastrophe.

Propos recueillis par Joël BARCY

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