Publié le 27 août 2026 à 21h17 - Dernière mise à jour le 27 août 2026 à 21h17
Alors que le nombre de conflits armés dans le monde atteint un niveau inédit depuis 1945, António Guterres appelle à repenser les opérations de paix des Nations Unies. Le Secrétaire général veut privilégier la diplomatie, des missions plus ciblées et des mandats capables de s’adapter rapidement aux réalités du terrain.

« On ne peut maintenir la paix là où il n’y a pas de paix à maintenir. » Devant l’Assemblée générale des Nations Unies, António Guterres a résumé en une phrase les limites auxquelles se heurtent désormais les opérations de maintien de la paix. Le constat dressé par le Secrétaire général est particulièrement sombre : jamais le monde n’avait connu autant de conflits armés depuis 1945 et le nombre de morts liées aux combats au cours des cinq dernières années dépasse celui enregistré pendant les 25 années précédentes. Les guerres internes s’internationalisent, les accords de paix deviennent plus rares et plus fragiles tandis que drones, intelligence artificielle et nouvelles technologies transforment les champs de bataille. Dans ce contexte, le modèle traditionnel des Casques bleus montre ses limites. António Guterres estime que les opérations de maintien de la paix ne devraient être déployées que lorsqu’un accord de paix ou, au minimum, un cessez-le-feu solide existe déjà.
La diplomatie avant le déploiement
L’examen présenté aux États membres formule 47 recommandations et engagements pour rendre les missions de l’ONU plus ciblées, flexibles, agiles et moins coûteuses. La priorité doit désormais être donnée à la prévention et au règlement politique des conflits : diplomatie, médiation, bons offices du Secrétaire général et interventions suffisamment précoces pour empêcher qu’un différend ne dégénère en guerre. L’ONU souhaite également pouvoir adapter plus rapidement ses mandats lorsque la situation sur le terrain évolue, mieux préparer la sortie des missions et renforcer la coopération avec les États concernés et les organisations régionales, notamment l’Union africaine.
Cette transformation intervient alors que les budgets consacrés au maintien de la paix diminuent, tout comme les effectifs militaires et policiers disponibles. Pour António Guterres, elle ne pourra toutefois réussir sans l’engagement des États membres : « Nous devons nous adapter à un monde en mutation. Et ensemble, nous devons trouver la volonté -et les ressources- de tracer des voies vers la paix. »
Anna CHAIMANN (source ONU)



