Publié le 23 avril 2026 à 18h21 - Dernière mise à jour le 23 avril 2026 à 18h21
Entre dérives révélées ces derniers mois et manque de coordination entre institutions, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) traverse une période délicate. En visite à Marseille et près d’Aix-en-Provence, Stéphanie Rist, la ministre de la Santé a évoqué un projet de loi attendu d’ici fin mai.

Éviter les dérives
Stéphanie Rist est venue visiter le chantier du futur bâtiment de cardiologie de l’hôpital Nord à Marseille, mais elle s’est aussi attachée à prendre le pouls de l’Aide sociale à l’enfance. L’ASE a défrayé la chronique ces derniers mois avec des reportages sur la prostitution d’adolescentes dans des centres d’accueil. Des plaintes visant les conseils départementaux, en charge de ce secteur, ont été déposées, notamment dans les Bouches-du-Rhône. Face à l’urgence, le projet de loi, initialement reporté après l’été, doit être présenté en conseil des ministres d’ici fin mai. Il comporte plusieurs mesures : « Nous aurons notamment un contrôle des antécédents judiciaires de tout adulte en contact avec un enfant. C’est ce qu’on appelle l’honorabilité. Il y aura aussi des mesures pour que les enfants soient moins institutionnalisés et évoluent davantage dans un cadre familial, avec un nombre réduit d’adultes autour d’eux. Nous voulons également faciliter l’adoption simple, afin de leur offrir des perspectives et éviter qu’ils ne soient ballottés d’un établissement à l’autre. Enfin, le système d’information devra être mieux partagé. »
Des enfants cabossés

La ministre s’est entretenue avec le personnel et des enfants de la Maison d’enfants à caractère social (MECS) près d’Aix-en-Provence. Dans cette structure, 32 enfants, âgés de 24 mois à 18 ans, sont accueillis. Des enfants cabossés : 60 % présentent une double vulnérabilité sociale et mentale. « Les enfants accueillis aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier, où il s’agissait uniquement de situations sociales. La société produit désormais des parcours marqués par de multiples traumatismes. Pour ces enfants, des moyens supplémentaires sont nécessaires, en croisant les efforts du conseil départemental, compétent pour l’aide sociale à l’enfance, et de l’État en matière de santé. »
En France, 400 000 enfants sont placés, dont 5 000 dans les Bouches-du-Rhône. Au-delà du projet de loi, la question reste celle de la coordination. Conseil départemental et agence régionale de santé travaillent encore trop souvent en silo.
« Les résultats des HSA sont probants »
Interrogée en marge de cette visite sur la création d’une Halte soins addiction (HSA) à Marseille, la ministre a indiqué que les résultats des deux sites pilotes, à Paris et Strasbourg, étaient probants. « Il y a une amélioration de la santé publique des personnes. Les overdoses sont en nette diminution dans les expérimentations. On ramasse aussi beaucoup moins de seringues sur la voie publique. »
Selon les préfets ou les ministres en poste, le dossier a avancé par à-coups. Le préfet de région, Jacques Witkowski, semble moins opposé que son prédécesseur, Georges-François Leclerc, aujourd’hui directeur de cabinet du président de la République, qui refusait ce type de dispositif. Le contexte paraît désormais plus favorable. Reste à trouver un lieu qui ne suscite pas trop d’oppositions.
Reportage Joël BARCY



