Publié le 29 mars 2026 à 11h49 - Dernière mise à jour le 29 mars 2026 à 11h49
Exit le suspense et le travail en coulisses de 2020, cette élection a été une promenade de santé pour Benoît Payan. Seul candidat pour le siège de premier magistrat, il a été élu par les 73 conseillers du Printemps marseillais. L’opposition a voté blanc ou nul. En direction de l’opposition RN, il avertit : « Nous ne pensons aucune des solutions pour notre ville de la même manière, nos points de vue sont différents et nous les combattrons. »

Matinée tranquille
La droite et le centre souhaitaient faire entendre leur voix dans l’hémicycle mais ils n’étaient que deux élus présents sur quatre : Martine Vassal et Romain Simmarano. Fabienne Bendayan et Stéphane Pichon étaient absents. À part quelques remarques de la doyenne RN de l’assemblée, qui a profité de sa présidence temporaire pour dériver sur de la politique politicienne, ce qui est contraire au règlement, la matinée fut calme.
Un seul candidat était en lice : Benoît Payan. Le RN n’ayant pas proposé de candidat. « L’élection a été tranchée par les Marseillais. Je n’aime pas ce cirque où on fait semblant de se présenter. Je pouvais vous donner les résultats avant le vote », ironise Franck Allisio pour justifier sa non-candidature. Dans ce contexte sans enjeux, certains élus n’empruntaient pas l’isoloir et glissaient leur bulletin dans l’enveloppe à peine après l’avoir pris sur la table. Inutile de trop s’embarrasser. Joël Canicave annonce les résultats sans surprise : « Bulletins blancs ou nuls : 38 – votes exprimés : 73. Benoît Payan est élu avec 73 voix. » Applaudissements des élus du Printemps marseillais.
« Des débuts âpres »
Après avoir revêtu l’écharpe tricolore, Benoît Payan prend la parole et se tourne vers l’opposition composée de 34 élus RN et 4 de la droite et du centre. « Nos débuts seront âpres, parfois compliqués. Nos points de vue sont différents et nous les combattrons. Nous avons quelque chose en commun, c’est notre ville, mais nous ne pensons aucune des solutions de la même manière. »
*33 adjoints
La nouvelle assemblée comptera 33 adjoints, soit 30 % des conseillers. Après le vote, l’édile leur a remis l’écharpe tricolore. En tête, on retrouve des anciens : Michèle Rubirola demeure première adjointe, Joël Canicave la suit, Samia Ghali reste maire adjointe, mais on compte aussi des nouveaux comme Amine Kessaci, 4e adjoint de la Ville. Le jeune élu a vu son petit frère assassiné en novembre dernier, vraisemblablement pour intimider le nouvel élu. Des proches du maire, comme Arnaud Drouault, son directeur de campagne et ex-directeur de cabinet, complètent le dispositif.
Ensemble

Il est 14 heures, Benoît Payan, entouré de ses adjoints et conseillers, quitte l’hémicycle de Bargemon pour rejoindre la mairie centrale. Le nouveau maire entame son second mandat avec gravité. « Le sentiment d’une responsabilité très importante envers les Marseillaises et les Marseillais qui nous ont accordé leur confiance. C’est aussi un travail qui recommence et qui sera certainement plus long, plus dur, mais il faut continuer. »
Un maire élu sur son nom
L’opposition avait beaucoup glosé sur ce maire non élu en 2020. Benoît Payan prend sa revanche. Sa victoire avec 55 % des suffrages met un terme à la polémique. Michèle Rubirola reste première adjointe de cette nouvelle mandature. Elle est émue et fière de celui qui lui a succédé. « L’émotion est différente de celle de 2020 car ce n’est pas le même contexte. En 2020, j’ai pris la ville de Marseille à la droite, c’était le challenge le plus important pour moi car il fallait que ça cesse. Les mandatures de l’équipe Gaudin avaient fracturé notre ville. Là, c’est une autre émotion : cela veut dire que ce que nous avons fait pendant six ans a convaincu les Marseillaises et les Marseillais. Ils nous demandent de continuer et d’aller plus loin. » Michèle Rubirola estime que le maire et elle ont créé un modèle et que «c’est un modèle qui marche. Il faut sortir des vieilles représentations. »
Fière du jeune Benoît
La sénatrice socialiste Marie-Arlette Carlotti a assisté à l’élection du maire depuis la tribune. « J’ai soutenu Benoît Payan depuis qu’il est tout jeune et le voir élu si brillamment fait énormément plaisir. L’émotion est grande aussi parce qu’on a évité que la ville ne tombe dans l’obscurité avec le RN. Mais il faut rester vigilants : ils ont deux gros secteurs, il faut apporter des réponses à cette population. »
LFI à la tribune du public
Sébastien Delogu, tête de liste LFI qui s’est retirée au second tour, assistait également à l’élection depuis la tribune du public. «On fait partie de l’histoire, c’est nous qui avons fait barrage à l’extrême droite », considère-t-il.
Faible opposition
Quel rôle jouera l’opposition dans l’hémicycle ? Elle compte au total 38 élus, dont 34 pour le Rassemblement national et 4 pour la droite et le centre, sur un total de 111 conseillers municipaux. Le Printemps marseillais dispose donc d’une majorité très large. Dans ce contexte, la droite tentera d’exister avec un groupe réduit. « Nous venons de vivre une défaite très lourde, historique pour notre famille politique, concède Romain Simmarano. Il faudra l’analyser avec humilité. Mais nous avons aussi une responsabilité morale pour éviter que Marseille ne devienne le théâtre d’un face-à-face entre le Printemps marseillais et le RN. »
Plus de sécurité
Le Rassemblement national est plus massivement présent que lors de la précédente mandature. « C’est un retour, mais on est beaucoup plus nombreux. On était 7 ou 8 et là on est 34 », se félicite Franck Allisio. « Les priorités seront celles de notre programme : la sécurité et les économies. », insiste Benoît Payan qui n’entend pas négliger l’opposition, mais elle pèsera peu face à la majorité.
Les priorités du mandat
Benoît Payan ne perdra pas de temps à s’installer. Il connaît la Maison. Il entend mettre immédiatement l’accent sur le pouvoir d’achat. « Dès septembre, nous mettrons en place le kit scolaire à 150 euros par enfant. Je vais m’atteler à une discussion qui sera musclée pour que le tunnel du Prado passe à un euro le passage et non à 12,60 € l’aller-retour. Je vais aussi travailler à une mutuelle municipale et une assurance municipale car les prix flambent. Quand on est maire, on fait tout ce qui est en son pouvoir pour améliorer la vie des gens. »
*Les adjoints au maire
Le conseil municipal a également procédé à l’élection des adjoints au maire. Michèle Rubirola a été reconduite comme 1ère adjointe, suivie de Joël Canicave (2e adjoint) et Samia Ghali (3e adjointe). Figurent également dans l’exécutif municipal Amine Kessaci, Audrey Garino, Arnaud Drouot, Pascaline Lecorche, Pierre Huguet, Hanifa Taguelmint, Éric Méry, Nassera Benmarnia, Hervé Menchon, Marie Batoux, Julien Harounyan, Audrey Gatian, Pierre-Marie Ganozzi, Perrine Prigent, Anthony Goncalvez, Josette Furace, Karim Touche, Capucine Edou, Gwenaël Richerolle, Chahidati Soilihi, Hassan Guenfici, Sophie Guérard, Yoan Levy, Clara Jaboulay, Ahmed Heddadi, Nathalie Tessier, Hedi Ramdane, Rebecca Bernardi, Yannick Ohanessian et Juliette Masson.
Reportage Joël Barcy



