Marseille : la Corniche rendue aux piétons, succès populaire et vitrine politique

Publié le 19 avril 2026 à 21h35 - Dernière mise à jour le 19 avril 2026 à 21h35

Sous un soleil presque trop parfait pour un mois d’avril, la Corniche a une nouvelle fois changé de visage ce dimanche à Marseille. Fermée à la circulation entre la plage des Catalans et le parc Talabot, elle s’est transformée, le temps d’une journée, en une promenade continue de 3,5 kilomètres dédiée aux piétons, aux vélos et aux mobilités dites douces.

La voie est libre sur la Corniche ©ville de Marseille
La voie est libre sur la Corniche ©ville de Marseille

Selon la Ville, plus de 40 000 personnes ont répondu à l’appel pour cette nouvelle édition de « La Voie est Libre ». Un chiffre conséquent, qui confirme l’attractivité d’un dispositif lancé en 2021 et désormais bien installé dans le paysage local.

Sur place, l’ambiance était à la déambulation plus qu’à la revendication. Familles, sportifs, promeneurs occasionnels se sont appropriés cet axe habituellement saturé par la circulation. Entre cours de zumba, ateliers d’arts plastiques et propositions musicales, l’événement joue sa partition : occuper l’espace, ralentir le rythme, donner à voir une autre manière de vivre le littoral.

Reste que derrière cette parenthèse apaisée se dessine aussi une lecture plus politique. En piétonnisant ponctuellement l’un des axes les plus fréquentés du bord de mer, la municipalité met en scène sa volonté d’un cadre de vie plus « serein » et plus respectueux de l’environnement. Une démonstration qui interroge, en creux, la place encore dominante de la voiture le reste de l’année. Car si la formule séduit, sa temporalité limitée souligne aussi ses propres limites : celle d’un aménagement encore événementiel, loin d’une transformation durable des usages.

Le succès populaire est indéniable. Reste à savoir s’il peut -ou s’il doit- dépasser le cadre d’une journée.

Patricia CAIRE

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