Publié le 17 mai 2026 à 10h59 - Dernière mise à jour le 17 mai 2026 à 10h59
La Saison Méditerranée 2026 est lancée, tout un symbole, depuis Marseille. Jusqu’à la fin octobre, plus de 200 événements vont irriguer la France et une demi-douzaine de pays méditerranéens. L’objectif est de recréer du lien entre les sociétés civiles, les artistes, les jeunesses et les diasporas dans un espace on ne peut plus fracturé.

Carrefour des cultures

Marseille, cœur battant de la Méditerranée est le carrefour des cultures et de la diplomatie. Trois ministres étaient présents ce week-end dans la cité phocéenne pour une série d’événements notamment la labellisation du Palais du Pharo reconnu comme patrimoine de la diplomatie et le lancement de la saison culturelle internationale Méditerranée 2026. Un événement à plus d’un titre. Jamais une saison n’a été lancée en dehors de Paris, ni dans un tel espace géographique. « C’est la première fois qu’une saison ne célèbre ni un pays, ni une ville, ni un continent mais un espace partagé : la Méditerranée, précise Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut Français. On célèbre non pas une vision mais une pluralité de voix, d’identités, de récits. »
Une autre vision
Dans un contexte marqué par les conflits au Proche-Orient et les fractures géopolitiques croissantes, cette Saison entend proposer une autre lecture de la Méditerranée : non plus comme espace de crise, mais de dialogue et de création culturelle synonyme de multiples promesses. « Ce doit être une fête, au sens profond du terme, une consolation émancipatrice, une énergie prospective et féconde, assure Julie Kretzschmar, commissaire générale de la Saison méditerranée. C’est cette promesse collective que porte la saison Méditerranée 2026, celle de célébrer les diversités mais aussi de fabriquer des représentations capables de tenir ensemble la pluralité des appartenances et les tensions du contemporain. »
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Espace de dialogue
Derrière cette programmation se dessine l’ambition de faire de la culture, et de cette ville-monde qu’est Marseille, un espace de conversation possible dans une Méditerranée traversée par les fractures politiques, mémorielles et sociales. « Marseille est la preuve vivante, et que les nationalistes le comprennent, est une preuve vivante qu’aucune identité ne s’appauvrit à la rencontre de l’Autre, lance Benoît Payan, le maire de Marseille. Elle est la preuve que la culture réunit là où les frontières séparent, que d’héritages multiples peut naître un destin commun. »
État palestinien
Le ministre des affaires étrangères a, de son côté, réaffirmé la reconnaissance par la France d’un État palestinien, seule solution d’aboutir à la paix. « La reconnaissance d’un État palestinien représente la voie la plus concrète pour renforcer la légitimité incontestable de l’État d’Israël à vivre en paix et en sécurité aux côtés de ses voisins. La liberté, la sécurité et la dignité des uns ne peuvent se construire en niant celles des autres. »
Page d’histoire
Les ministres de la Culture et des Affaires étrangères ont ensuite visité la Citadelle dans le cadre d’un travail de coopération mené entre la France et la Tunisie. L’occasion de redécouvrir une page méconnue de l’Histoire : la détention durant deux ans d’Habib Bourguiba au fort Saint-Nicolas. Une décision prise par le régime de Vichy afin d’éviter tout soulèvement indépendantiste dans le protectorat tunisien. Depuis sa cellule, le futur président tunisien appellera pourtant les nationalistes à soutenir le camp allié plutôt que l’Allemagne nazie. Bien qu’emprisonné par les autorités françaises, il ne cédera jamais aux sirènes hitlériennes. Une démonstration, une fois encore, que la grande Histoire dépasse souvent les situations personnelles. Une réflexion qui résonne particulièrement dans cette Saison méditerranéenne 2026.
Reportage Joël BARCY
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