Marseille. Un couvre-feu pour les mineurs dès ce mardi soir dans les secteurs commerciaux

Publié le 20 octobre 2026 à 19h21 - Dernière mise à jour le 20 octobre 2026 à 19h43

Après les violences et les pillages qui ont frappé Marseille samedi 17 octobre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, instaure un couvre-feu ciblé dans plusieurs secteurs de la ville. Applicable dès ce mardi 20 octobre, de 22 heures à 5 heures du matin, il concerne exclusivement les mineurs et restera en vigueur jusqu’au vendredi 23 octobre inclus. Benoît Payan prend acte de cette décision, tout en réclamant un renforcement des effectifs policiers sur l’ensemble du territoire communal.

Destimed Patrouille nocturne a Marseille
Marseille. Un couvre-feu visant les mineurs est instauré dans plusieurs secteurs commerciaux de la ville, de 22 heures à 5 heures du matin. (Illustration générée par IA)

L’hypercentre et les centres commerciaux concernés

La décision préfectorale intervient trois jours après les scènes de violences qui ont particulièrement touché les commerces marseillais. Selon un premier recensement de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence, 500 établissements ont été impactés, dont 317 directement saccagés ou pillés. Le couvre-feu vise en priorité l’hypercentre, notamment les secteurs de la Canebière, de Noailles, du Vieux-Port, de la rue de Rome et de la préfecture. Le périmètre comprend également la rue de la République, le quai des Belges, le cours Jean-Ballard, la rue Breteuil, le cours Pierre-Puget et la place de Rome. Les principaux pôles commerciaux sont également concernés : le Centre Bourse, les Terrasses du Port et les Docks, Prado Shopping, le Merlan, Grand Littoral, Bonneveine et la Valentine. Le dispositif s’étend par ailleurs à la zone commerciale de Plan de Campagne, sur les communes de Cabriès et des Pennes-Mirabeau, dans le cadre de mesures préfectorales distinctes. La préfecture précise que les forces de sécurité nationales et municipales seront mobilisées pour faire respecter ces restrictions. Leur violation constitue une infraction pénale.

Benoît Payan demande davantage de policiers

Le maire de Marseille a réagi à l’annonce de ce couvre-feu, décidé par le préfet en concertation avec la municipalité et les représentants du monde économique. « J’ai pris acte de la décision du Préfet d’instaurer à Marseille un couvre-feu, dès ce soir et pour les jours qui viennent », a déclaré Benoît Payan, rappelant que la mesure concerne uniquement les mineurs et les zones commerciales particulièrement touchées par les pillages. Le maire reconnaît que cette décision peut contribuer à rassurer les commerçants et faciliter l’intervention des forces de l’ordre. Mais il estime qu’elle ne saurait suffire. « Cette décision, si elle peut soulager les commerces et faciliter le travail des forces de l’ordre, doit être accompagnée d’un déploiement suffisant de forces de police sur l’ensemble de la ville », insiste-t-il. Une demande qui prolonge les échanges qu’il a eus lundi soir avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, venu à Marseille après les violences du week-end. Le ministre avait annoncé un renforcement des moyens policiers, notamment dans la perspective de nouvelles mobilisations samedi 24 octobre.

Une mesure limitée dans le temps

Le couvre-feu doit prendre fin vendredi 23 octobre, à la veille de cette nouvelle journée de mobilisation. Son caractère ciblé répond à un double objectif : prévenir de nouvelles dégradations et protéger les secteurs économiques les plus exposés, sans imposer une restriction générale de circulation à l’ensemble des Marseillais. Reste à savoir si cette mesure, accompagnée d’un renforcement de la présence policière, permettra d’éviter de nouveaux débordements. Pour les commerçants qui tentent aujourd’hui de remettre leurs établissements en état, l’enjeu dépasse largement ces quatre nuits de couvre-feu : il s’agit de retrouver les conditions nécessaires à la reprise de leur activité.

Patricia CAIRE

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