Publié le 20 octobre 2026 à 19h03 - Dernière mise à jour le 20 octobre 2026 à 19h15
En marge de la remise d’un buste de Marianne par les maires de la Métropole pour remplacer celui qui a été brisé par des casseurs, Benoît Payan est revenu sur les émeutes du week-end. « L’État doit indemniser les commerçants et les villes pour ses carences. » Il s’inquiète aussi « d’une République qui ne sait plus où elle est, qui n’a plus de contrat social ».

Des réponses et des actes
Le ministre de l’Intérieur n’a pas déserté, il est bien venu à Marseille pour une visite express ce lundi dans la soirée afin de rencontrer le maire, qui ne décolère pas après les saccages de la ville ce week-end. En revanche, pas de déambulation dans les rues commerçantes comme c’était initialement prévu dans l’après-midi. Benoît Payan réclame toujours des réponses sur la doctrine du maintien de l’ordre ce week-end, mais il veut aussi des actes. « Je veux que les commerçants soient indemnisés jusqu’au dernier centime, j’enverrai la facture des 1 000 agents que j’ai mobilisés, j’enverrai la facture de la police municipale et du bataillon des marins-pompiers. Quand nous nous substituons à l’État, l’État doit payer quand il est en carence. »
Changer de doctrine
Son inquiétude concerne aussi le maintien de l’ordre et le risque de pillages lors des prochaines mobilisations. « Si la doctrine de maintien de l’ordre reste la même, alors les mêmes causes produiront les mêmes effets et le désastre auquel nous venons d’assister se reproduira. Si d’aventure la seule cible devait être les lycéens, alors nous connaîtrions à nouveau des scènes de pillage. Je ne sais pas ce qu’il reste encore à piller à Marseille, mais pour le peu qu’il reste à piller, ce sera pire. »
« La République n’a plus de boussole »
Benoît Payan a profité de ces moments sombres pour alerter sur l’état du pays, où les politiques n’agissent plus qu’avec des tweets, sans aucune vision de l’avenir. « C’est la conséquence de quoi que nous sommes en train de payer ? C’est la conséquence d’une République qui ne sait plus où elle est, qui n’a plus de contrat social, qui ne sait plus ce que sont des recettes et des dépenses, qui n’a plus de priorités, qui ne sait plus comment gouverner le pays, et c’est cela qui m’inquiète. »
Joël BARCY



