Marseille. Une journée de mobilisations sur plusieurs fronts ce 15 septembre

Publié le 15 septembre 2026 à 8h33 - Dernière mise à jour le 15 septembre 2026 à 8h33

Plusieurs secteurs se mobilisent ce mardi 15 septembre à Marseille comme dans le reste de la France. Énergie, enseignement supérieur, Éducation nationale : les revendications diffèrent mais dessinent une rentrée sociale sous tension, à quelques semaines des débats budgétaires. À Marseille, deux rendez-vous sont notamment annoncés dès 10 heures dans le secteur de Saint-Charles.

À Marseille, la matinée s’annonce particulièrement animée autour de la gare Saint-Charles. Une manifestation de l’enseignement supérieur et de la recherche doit partir à 10 heures de la faculté Saint-Charles en direction de la Porte d’Aix. Cette mobilisation s’inscrit dans une journée nationale organisée par l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche et l’Union étudiante. Les organisations dénoncent notamment les difficultés financières des universités, les conditions d’études et de travail ainsi que plusieurs mesures concernant les étudiants. Des rassemblements et manifestations sont prévus dans de nombreuses villes françaises, notamment à Avignon à 14 heures sur le campus Hannah-Arendt et à Nice à 14 heures au départ de la gare Nice-Ville.

À Marseille, un autre rassemblement dans l’Éducation nationale

Un second rendez-vous est annoncé à 10 heures devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône, boulevard Charles-Nédélec, à quelques centaines de mètres de la faculté Saint-Charles. La CGT Éduc’action 13 appelle à la grève et au rassemblement pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « répression syndicale ». Le syndicat conteste les mesures prises à l’encontre de sept personnels de l’Éducation nationale, militants ou proches de la CGT Éduc’action dans les Bouches-du-Rhône, et réclame notamment la levée des suspensions et l’abandon des procédures qu’il estime liées à l’activité syndicale et au droit d’alerte.

Électriciens et gaziers défendent leur statut

La mobilisation dépasse largement Marseille. Dans le secteur de l’énergie, les salariés des industries électriques et gazières sont appelés à poursuivre leur mouvement ce mardi. Au centre du conflit se trouve notamment le « tarif agent », qui permet aux salariés et retraités du secteur de bénéficier de tarifs préférentiels pour l’électricité et le gaz. La Cour des comptes a recommandé de mettre fin à cet avantage, dont elle estime le coût pour EDF à plus de 700 millions d’euros de recettes en moins en 2024. Pour les syndicats, il constitue au contraire une composante historique de la rémunération et du statut des personnels.

Le mouvement a déjà eu des conséquences importantes sur la production électrique française. Dans la nuit de lundi à mardi, quelque 6,5 gigawatts de capacités ont été retirés du réseau, principalement en raison de baisses de production dans sept réacteurs nucléaires, auxquelles se sont ajoutées des réductions dans des centrales à gaz et des installations hydroélectriques. La production avait été rétablie mardi matin, mais le mouvement doit se poursuivre au cours de la journée.

Les policiers dans la rue pour réclamer davantage de moyens et de reconnaissance

Les policiers sont à leur tour appelés à se mobiliser ce mardi 15 septembre. Le syndicat Alliance Police nationale a fait de cette date le temps fort de sa « rentrée sociale », après plusieurs semaines de tensions avec le ministère de l’Intérieur. Les fonctionnaires réclament notamment davantage de moyens, une amélioration de leur pouvoir d’achat et de leurs conditions de travail ainsi que le respect des engagements pris par l’État dans le protocole signé en 2022.

La revalorisation de l’indemnité de sujétion spéciale police, la « prime de risque », qui n’a pas augmenté depuis 2019, cristallise notamment la colère. Les syndicats ont également très mal accueilli la revalorisation accordée aux commissaires alors que plusieurs mesures concernant les autres personnels restent, selon eux, en attente. Alliance réclame entre 300 et 500 millions d’euros supplémentaires par an pour la police.

À Marseille, le malaise s’était déjà exprimé vendredi au commissariat Nord, où des policiers avaient symboliquement jeté leurs menottes au sol pour dénoncer le manque d’effectifs et de matériel, des conditions d’exercice jugées de plus en plus difficiles et l’absence de reconnaissance salariale.

La mobilisation n’est toutefois pas totalement unitaire. Alliance appelle à manifester ce 15 septembre, tandis qu’Un1té, après avoir annoncé son soutien aux actions, n’a finalement pas appelé à participer à la manifestation organisée par Alliance. L’UNSA Police privilégie pour sa part la journée nationale du 29 septembre.

Une rentrée sociale qui commence à se tendre

Cette journée du 15 septembre ne constitue pas, à ce stade, une mobilisation interprofessionnelle générale. Plusieurs secteurs ont cependant choisi la même date pour faire entendre leurs revendications. À Marseille, l’agenda militant fait ainsi état d’une « journée d’action syndicale nationale » concernant notamment étudiants, enseignement supérieur, santé et énergie. Une convergence qui intervient alors que les discussions autour du budget 2027 commencent à cristalliser les inquiétudes sur les dépenses publiques, les services publics et le pouvoir d’achat. Elle pourrait surtout constituer un premier thermomètre de cette rentrée sociale avant d’autres rendez-vous syndicaux annoncés dans les prochaines semaines.

La rédaction

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