Mémoire et citoyenneté : des lycéens de la Région Sud engagés dans un travail de transmission autour de la Shoah

Publié le 18 mai 2026 à 20h07 - Dernière mise à jour le 18 mai 2026 à 20h07

Comment transmettre la mémoire de la Shoah aux jeunes générations à l’heure où disparaissent les derniers témoins ? À travers son dispositif « Mémoire et Citoyenneté », la Région Sud permet chaque année à plusieurs centaines de lycéens de participer à un travail pédagogique prolongé par un voyage d’étude à Auschwitz-Birkenau.

Destimed Fabien BOUKLA
Les lycéens retenus pour le voyage d’étude à Auschwitz-Birkenau 2025-2026 ont été réunis par la Région Sud aux côtés des élus, enseignants et partenaires institutionnels engagés dans le dispositif « Mémoire et Citoyenneté ». Depuis 2015, près de 3 500 jeunes de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont participé à ce travail de transmission autour de la mémoire de la Shoah. (Photo Fabien Boukla)

Ce lundi 18 mai Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur,  a participé à la journée de restitution du dispositif «   Mémoire et citoyenneté », organisée en présence notamment de Christian Estrosi, président délégué de la Région Sud, de François de Canson, vice-président en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs, de Benoît Delaunay, recteur de région académique Provence-Alpes-Côte d’Azur et recteur de l’académie d’Aix-Marseille, ainsi qu’Olivier Lalieu, responsable des lieux de mémoire au Mémorial de la Shoah.  Les élèves et leurs enseignants ont présenté les travaux réalisés tout au long de l’année : expositions, œuvres mémorielles, films, webdocumentaires ou encore productions artistiques. Une restitution qui marque l’aboutissement d’un parcours pédagogique engagé plusieurs mois auparavant autour de la mémoire de la Shoah et des valeurs de citoyenneté.

Un travail de mémoire inscrit dans la durée

Le dispositif « Mémoire et Citoyenneté », mené en partenariat avec le Mémorial de la Shoah ainsi que les rectorats d’Aix-Marseille et de Nice, permet chaque année à plus de 350 lycéens de participer à des voyages d’étude au Mémorial de la Shoah et à Auschwitz-Birkenau. Ces déplacements constituent le point de départ d’un travail pédagogique conduit ensuite dans les établissements scolaires. « Transmettre la mémoire aux jeunes générations est une responsabilité morale pour nous tous. Elle est nécessaire pour défendre les valeurs de la République et résister à toutes les formes de haine », souligne la Région Sud. Encadrés par leurs enseignants et les partenaires institutionnels, les élèves sont amenés à réfléchir aux mécanismes historiques qui ont conduit à l’extermination des Juifs d’Europe, mais aussi aux formes contemporaines de racisme, d’antisémitisme et de discrimination. Il est à noter que depuis 2015, près de 3 500 lycéens de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont ainsi participé à un voyage d’étude à Auschwitz. Le dispositif s’appuie sur une convention triennale conclue avec le Mémorial de la Shoah et financée par la Région à hauteur de 127 000 euros par an.

Dix établissements retenus pour 2025-2026

Le programme s’adresse aux lycées publics et privés sous contrat, à travers des classes de première et terminale. Chaque établissement candidat doit présenter un projet pédagogique examiné par un comité interacadémique réunissant représentants des rectorats, élus régionaux et membres du Mémorial de la Shoah. Pour l’année scolaire 2025-2026, dix établissements ont été retenus représentant 263 élèves. Dans l’académie d’Aix-Marseille figurent les lycées Adam de Craponne à Salon-de-Provence, Maurice Genevoix à Marignane, Don Bosco et La Cadenelle à Marseille ainsi que Louis Martin Bret à Manosque. Côté académie de Nice, participeront les lycées Mélinée & Missak Manouchian à Nice, Val d’Argens au Muy, Carnot à Cannes, Francis de Croisset à Grasse et Pierre et Marie Curie à Menton. Au-delà du voyage lui-même, la Région Sud inscrit cette politique mémorielle dans une démarche plus large autour de la transmission de l’histoire des grands conflits du XXe siècle, de la mémoire des rapatriés d’Algérie, des Harkis et des Pieds-Noirs, mais aussi de la Shoah.

Une politique qui s’appuie notamment sur deux partenaires majeurs : la Fondation du Camp des Milles, soutenue à hauteur de 350 000 euros, et la Fondation du Mémorial de la Shoah. Dans un contexte où les derniers témoins directs disparaissent progressivement, ces initiatives traduisent aussi une interrogation plus profonde sur la manière de transmettre l’Histoire aux nouvelles générations et de maintenir vivante une mémoire confrontée aux tensions contemporaines.

La rédaction

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