Pour rester visible entre les deux tours et convaincre les électeurs encore hésitants à franchir le pas, Franck Allisio a choisi d’organiser une conférence de presse entouré de transfuges issus des Républicains et du centre. Une stratégie assumée pour attirer l’électorat de droite en quête de repères et l’inciter à se reporter sur sa candidature plutôt que sur celle de Martine Vassal.

Union sacrée
Électeurs de droite et du Centre unissez-vous derrière le panache du RN, c’est le message délivré par la tête de liste RN, Franck Allisio ce mercredi matin. « Ce que nous lançons est un appel collectif, un appel d’unité pour les Marseillais. Donc nous avons décidé de nous adresser à tous nos amis de Centre droit, du Centre, de cette droite humaniste, de cette droite qui ne nous a pas encore rejoints. »
Parole aux transfuges
Franck Allisio n’est pas venu seul. Exit les têtes de liste de secteur, place aux transfuges, ceux qui ont quitté l’UMP, LR ou le MoDem pour rejoindre le RN. « On est juste la continuité du RPR ou de l’UMP, affirme Olivier Fayssat député UDR (Union Des Droites) des Bouches-du-Rhône. Franck Allisio a passé de nombreuses années à l’UMP. Eric Ciotti était président des LR, c’est curieux que le jour où ils sont passés au RN ils se sont réveillés fascistes. C’est quand même une maladie foudroyante. » Patrick Thévenin, ex-vice-président du MoDem 13 et adjoint dans les 6-8 durant 3 mandatures sous Jean-Claude, enchaîne. « Pourquoi un centriste rejoint Franck Allisio, tout simplement parce qu’un centriste ce n’est pas être spectateur lorsque sa ville décline. Un centriste c’est agir avec pragmatisme et refuser les postures idéologiques. » Un avocat et ancien vice-président du Crif, Samuel Benhamou conclut: « La division des droites fait gagner la gauche, seule l’union peut nous faire gagner alors non à la dispersion et non à la défaite. »
Quel résultat ?
Dimanche, quel sera le comportement des électeurs de droite ? C’est l’une des grandes inconnues de ce second tour. Selon les études d’opinion, en cas de retrait de Martine Vassal, 35 à 45 % de ses électeurs se seraient abstenus, tandis que 30 à 40 % auraient voté pour Franck Allisio et 15 à 25 % pour Benoît Payan. Son maintien change la donne. Reste à savoir si ces électeurs choisiront le vote utile en faveur de l’un des deux favoris, ou s’ils resteront fidèles à la candidate de la droite et du centre. L’issue du scrutin dépendra en partie de cette équation, mais aussi de la mobilisation des quelque 50 % d’abstentionnistes du premier tour.
Joël BARCY



