Le programme de Benoît Payan, maire sortant candidat aux municipales, est presque finalisé. Depuis septembre, 1 125 experts ont travaillé sur 74 thématiques, dont l’une est dédiée à l’accès aux droits et à la solidarité. Parmi les mesures avancées : création d’une mutuelle municipale, repas gratuits à la cantine pour 15 000 enfants et gratuité des transports pour les moins de 26 ans. L’adjointe à la Solidarité, Audrey Garino, en a présenté les grandes lignes, avec l’ambition d’une ville « plus juste ».

Sur les bases du Printemps
Les fondations du Printemps marseillais de 2020, mais avec plusieurs étages supplémentaires en matière de solidarité, voilà la volonté affichée. « Quand on est arrivée en 2020, le Samu social municipal avait en tout et pour tout 16 couvertures pour les plus démunis l’hiver, dénonce Audrey Garino, l’adjointe à la solidarité. Le CCAS (Centre communal d’action social NDLR) de Marseille avait le tiers du budget de celui d’Avignon pour une ville dix fois plus vaste. Les directeurs du Samu social et du CCAS n’avaient jamais travailler ensemble ! Tout était sous-dimensionné en personnel et en matériel informatique. » En résumé, la solidarité rimait avec désert selon Audrey Garino.
Un budget en hausse

Face à cette situation, les nouveaux élus ont dû mettre les bouchées doubles. Ils ont fait davantage que ce que prévoyait le programme du Printemps marseillais, estime l’adjointe à la Solidarité, également l’une des porte-paroles du candidat Payan. « On a augmenté de 50% le budget de l’action sociale sur le mandat. On a développé les toilettes et douches publiques. 10 000 enfants des familles les plus pauvres peuvent manger gratuitement à la cantine. On a créé 525 places d’hébergement d’urgence et on a multiplié par 5 le budget des associations liées à la solidarité alors que le département a réduit de 10% les aides. » Le bilan dressé, reste à évoquer l’avenir et le second mandat.
Une mutuelle municipale
Des ateliers thématiques sur la solidarité, initiés en septembre, sont ressorties une vingtaine de propositions. La plus concernante est certainement la mutuelle municipale. Environ 2 000 communes l’ont déjà mise en place en France. Elle permet à une ville de négocier des tarifs plus avantageux pour les administrés au regard de l’effet de masse. L’économie est en général évaluée entre 20 et 30% sur la police d’assurance. « On estime que 5% des personnes n’ont pas de mutuelle et 30% ont une mutuelle inadaptée, relève Audrey Garino. Les premiers concernés seront les retraités, 50 000 vivent sous le seuil de pauvreté à Marseille. Mais elle touchera aussi les étudiants, les travailleurs indépendants et bien d’autres. On pense que plusieurs dizaines de milliers de personnes y souscriront. » Parmi les propositions figurent aussi la création d’une régie municipale pour l’eau à la fin de la concession en 2029. L’ouverture d’un Ehpad municipal social dans les quartiers Nord au pied de la cité Campagne Lévêque (15e). La création de 1 000 places supplémentaires pour l’hébergement d’urgence et la gratuité de la cantine scolaire pour 15 000 enfants.
Passe solidarité
Enfin, un passe solidarité sera mis en place. Ce sera sans doute un livret où tous les accès aux droits seront répertoriés. « 30% des gens n’utilisent pas leurs droits acquis faute de maîtrise ou parce qu’ils souffrent d’illectronisme insiste Audrey Garino. La politique du zéro non-recours initiée dans le 3e arrondissement sera élargie. On ira vers les publics en difficulté sans attendre qu’ils poussent les portes de nos structures sociales. C’est cela le service public. »
Pour l’heure le chiffrage n’a pas été révélé, il le sera lors de la présentation générale du programme par le maire sortant courant début février.
Reportage Joël BARCY



