Des virages vides à l’entame du match donnent le ton. Les banderoles remplacent les supporters. « Un club en auto-destruction» – « McCourt/ Longoria cassez-vous » affiche le virage Nord. Le Sud lui répond: « Vous avez fait sauter le fusible (l’entraineur) mais c’est tout le système qui est pourri !»


Silence de cathédrale
Les virages Nord et Sud ont boycotté la rencontre durant 15 minutes, le temps que les tribunes Ganay, Jean Bouin et les caméras découvrent la colère qui gronde sur des banderoles géantes. Les supporters n’en peuvent plus de cette saison au rabais, des espoirs toujours déçus alors que la saison s’annonçait sous les meilleurs auspices.
Catastrophique
« Ce sont des chèvres, ils ne mouillent pas le maillot ». Ce sentiment domine alors que les premiers supporters quittent le Vélodrome sur une petite victoire 2 buts à 1. Ils ne découvriront, qu’en consultant les réseaux sociaux, que le match s’est soldé sur un nul avec un penalty concédé dans le temps additionnel. Trop c’est trop, perdre deux points sur son terrain quand le podium risque de s’éloigner c’est impensable pour des supporters qui soutiennent leur équipe comme aucune autre.
« Il faut tout changer »
« Déception, tristesse, colère ». Une supportrice résume les sentiments qui habitent les supporters. « C’est catastrophique, vraiment faut arrêter. Il faut tout changer», enchaîne un autre. « Dégoûté de faire autant de kilomètres pour venir voir, je vais être méchant, mais des chèvres. On ne sait pas jouer, on recule tout le temps». « C’est honteux ce club, on a budget incroyable et les joueurs ne savent même pas courir après un ballon, il faut qu’ils se bougent à un moment. Faire match nul face à Strasbourg, c’est honteux. » « On s’est fait balader tout le match, ajoute un minot. «L’OM… Comme d’habitude on se fait revenir au score alors qu’on mène deux à zéro comme au Paris FC».
Inquiétude
« On est inquiets bien sûr, en espérant que la coupe de France nous sauve un peu la saison, mais même ça, ça risque d’être compliqué», conclut un supporter dépité. Un autre est plus radical « Ils n’ont pas l’amour du maillot alors autant qu’ils se cassent, qu’ils se cassent». En début de saison l’équipe suscitait l’enthousiasme. Aujourd’hui le club traverse une crise profonde que le départ de l’entraineur n’a pas fait taire.
Reportage Joël BARCY



