La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a officiellement inauguré son espace au Salon International de l’Agriculture 2026. À la manœuvre : Bénédicte Martin, vice-présidente en charge de l’Agriculture, et François de Canson, vice-président chargé du développement économique, représentant le Président Renaud Muselier. À leurs côtés, les présidents des Départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes, du Vaucluse et du Var, unis pour mettre en lumière la richesse agricole du territoire.

À son arrivée, Renaud Muselier a longuement arpenté les 1 200 m² du stand régional, saluant les producteurs, échangeant avec de jeunes installés et dégustant quelques produits emblématiques. L’espace, conçu comme une vitrine vivante du territoire, rassemble un espace cuisine, un espace œnologique dédié aux appellations régionales et un espace de vente favorisant les circuits courts. Huiles d’olive, vins AOP, fromages caprins, agrumes, miels, bières artisanales, produits de la mer : le Sud y expose sa diversité et son savoir-faire.
Mais au-delà de l’image et de la convivialité, la présence régionale au Salon porte un message politique. « En Région Sud, l’agriculture est au cœur de notre identité, de nos paysages et de notre alimentation », rappelle Renaud Muselier dans son éditorial. « Parce que le travail de nos agriculteurs est essentiel à notre quotidien, nous faisons le choix d’une agriculture forte, durable et ancrée dans ses territoires.»
Assurer le renouvellement des générations
Dans un contexte de tensions sur les revenus agricoles et de départs massifs à la retraite, la question de la transmission est centrale. La Région veut démontrer qu’elle agit concrètement. Installation des jeunes, reprise d’exploitations, soutien au foncier, accompagnement des cédants : en 2025, plus de 250 jeunes agriculteurs ont bénéficié d’un appui régional structuré. Depuis 2023, la collectivité pilote directement la Dotation Jeunes Agriculteurs, renforçant ainsi les financements mobilisés pour sécuriser les projets dès leur lancement.

Le prêt d’honneur agricole, autre outil stratégique, permet d’accorder entre 5 000 et 30 000 euros sans intérêt ni garantie personnelle. Un coup de pouce décisif pour consolider les fonds propres et faciliter l’accès au crédit bancaire. « Notre responsabilité est d’assurer la pérennité de notre agriculture et le renouvellement des générations », insiste le Président de Région. « Défendre ceux qui nous nourrissent, c’est aussi leur donner les moyens de s’installer et de transmettre dans de bonnes conditions. » La formation constitue l’autre pilier de cette stratégie. Avec 12 lycées agricoles publics, 4 établissements privés conventionnés et 14 Maisons Familiales Rurales, la Région accompagne chaque année près de 3 400 jeunes vers les métiers du vivant. Sur le stand, la présence du Campus Nature Provence et du lycée agricole de Valabre symbolise cette ambition qui est d’ apprendre en conditions réelles et préparer les exploitations de demain.
Leader du bio et du produire local
Provence-Alpes-Côte d’Azur revendique un statut de leader national dans plusieurs domaines : première région française pour l’agriculture biologique, la production de fruits et légumes, l’huile d’olive et le vin rosé AOP. Plus de 5 000 exploitations sont aujourd’hui certifiées ou en conversion biologique, représentant plus d’un tiers de la surface agricole utilisée régionale. À l’occasion du Salon, la Région lance son Plan Bio Régional 2026-2028. L’objectif affiché est de consolider la position de leader, structurer des filières résilientes et stimuler la consommation locale. « Produire localement, bien manger et mieux rémunérer les agriculteurs : c’est le fil conducteur de notre politique agricole », affirme Renaud Muselier.
Cette orientation se traduit également par le Pacte « En région Sud, consommons et produisons responsable » et par le label « 100 % Valeurs du Sud ». Aujourd’hui, 227 produits et 45 entreprises sont engagés dans cette démarche, garantissant qualité, origine, respect de l’environnement et meilleur partage de la valeur. Sur le stand, démonstrations culinaires, focus sur les produits sous signes officiels de qualité et valorisation des médaillés du Concours général agricole rythment les journées. Le public y découvre concrètement ce que signifie « produire et manger local ».
2026, année du pastoralisme
Autre axe fort mis en avant cette année : le pastoralisme, érigé en priorité régionale pour 2026. Cette activité couvre près de 29 % du territoire régional, avec plus de 870 000 hectares d’alpages et de parcours, et plus de 600 000 ovins estivant chaque année. Au-delà de sa dimension économique, le pastoralisme participe à l’entretien des espaces naturels et à la prévention des incendies. La Région soutient la rénovation des cabanes de bergers, les équipements collectifs, la formation et l’adaptation aux défis climatiques et à la prédation. Un nouvel appel à projets est d’ailleurs lancé pour accompagner ces investissements. Des rendez-vous emblématiques, au rang desquels colloque international sur la transhumance, fêtes locales, rencontres professionnelles, jalonneront cette année thématique.
Sécuriser les filières et maintenir la valeur en région
Face à la volatilité des marchés et à la hausse des coûts de production, Provence-Alpes-Côte d’Azur intervient également pour consolider les maillons fragiles des filières animales. La fermeture du seul site régional d’engraissement caprin avait fragilisé toute la filière ; un nouveau site a ouvert dans le Vaucluse avec le soutien financier de la collectivité, permettant de maintenir la valeur ajoutée sur le territoire. Même logique pour la filière ovine, où des ateliers d’engraissement collectifs se développent pour éviter les départs hors région, et pour la pêche artisanale, modèle durable fondé sur les « petits métiers », avec près de 500 navires et plus de 600 marins pêcheurs. Modernisation des équipements, structuration professionnelle, soutien aux circuits courts : la Région entend préserver un modèle ancré dans les territoires. « Au Salon, nous portons une ambition simple qui est de défendre ceux qui nous nourrissent et préparer l’avenir », conclut Renaud Muselier.
Patricia CAIRE



