Politique. Où est passée Sabrina Agresti-Roubache ?

L’ancienne ministre de la Ville et actuelle conseillère régionale Renaissance  de Provence Alpes-Côte-d’Azur se fait discrète. Voilà un an, on parlait d’elle comme possible candidate à la mairie de Marseille puis, Martine Vassal a été désignée. On l’attendait alors avec son franc parler, battant les estrades aux côtés de la candidate de la droite et du centre. Que nenni ! Visiblement les deux copines ne sont plus sur la même longueur d’ondes.

Destimed Roubache
Sabrina Agresti-Roubache, ancienne ministre de la Ville et actuelle conseillère régionale Renaissance  de Provence Alpes-Côte-d’Azur © Joël Barcy

Embrassades

Nous sommes le 13 septembre 2025, dans une brasserie surchauffée au pied de la Major. Martine Vassal prend le micro face à une salle en effervescence. « Marseille je t’aime et je serai candidate pour les municipales de 2026»,  clame la désormais candidate (DVD) à la mairie de marseille. Même si la rumeur avait couru dans l’après-midi, on ne s’attendait pas à une déclaration aussi anticipée pour une femme politique capée, présidente à la fois de la Métropole et du Département. Sabrina Agresti Roubache embrasse la candidate chaleureusement et l’entoure alors qu’elle descend de l’estrade sous les acclamations.

Le coup de froid

La candidate, aiguillonnée par son entourage, met alors le cap à droite toute pour espérer gagner des suffrages et ne néglige pas le Marseille bashing avec son lot d’insécurité. Peur sur le Vieux-Port, des enfants qui veulent quitter la ville… Sécurité, sécurité et sécurité répond en écho à l’ordre, l’ordre et l’ordre du candidat du Rassemblement national. Une course à l’échalote, chacun revendiquant d’avoir mis la sécurité comme étendard le premier. L’ancienne ministre Renaissance commence alors à douter. Ces valeurs là ne correspondent pas à son ADN. Arrivée en 3e position lors des dernières législatives de 2024, elle s’était retirée avant la fin des résultats et avait appelé à soutenir la candidate du Nouveau front populaire face au RN.

Le choc

Mais c’est une interview de la candidate,  début décembre, sur Sud radio qui l’éloigne définitivement de la campagne de Martine Vassal. Interrogée sur sa position au second tour face au RN Martine Vassal répond: « On verra à ce moment-là. » La ligne rouge est franchie pour l’ancienne députée Renaissance qui explose le jour même. « La colère, la honte l’incompréhension. J’ai beaucoup de peine parce que Martine Vassal je la connais bien et en 2020 je l’avais soutenue. Je suis triste parce que à 4 mois des municipales avec un RN qui caracole à 30 ou 33%, je ne comprends pas. Je sais expliquer plein de choses mais pas ça. Encore une fois Renaissance a donné son investiture à l’unanimité alors je demande à la commission d’investiture de prendre toutes ses responsabilités. Marseille ce n’est pas un terrain de jeu où on fait n’importe quoi. » Les mots claquent, des digues ont été franchies. On ne les reverra plus ensemble. Fin janvier, lors du lancement du comité de soutien à Martine Vassal, présidé par Renaud Muselier, pas de Sabrina parmi les quelques centaines de personnes présentes alors que c’est une proche du président de région.

Remake du classico

Paris contre Marseille. C’est un remake du classico, politique celui-ci. Il se dessine au fil des semaines. Si Gabriel Attal, le secrétaire général de Renaissance soutien la candidate, à Marseille les anciens députés Renaissance boudent. Lionel Royer-Perreaut refuse d’intégrer la liste de Martine Vassal malgré les sollicitations. Pire, Saïd Ahamada déplore « le soutien du parti à la candidate et ne votera pas pour elle». On a fait mieux comme supporteurs. Sabrina Agresti Roubache se tait de longues semaines après ses propos incendiaires sur la candidate. Elle confie aujourd’hui à La Provence qu’ elle ne se « reconnaissait plus dans la ligne politique de Martine Vassal ». C’est ce qu’on appelle porter l’estocade à une candidate de la droite et du centre déjà encalminée dans les sondages.

A l’écart

Selon son entourage, Sabrina Agresti Roubache est loin de cette campagne, elle faisait partie de la shortlist pour présider l’Institut du monde arabe (IMA) après la démission  de Jacques Lang et s’attèle à de prochains documentaires. Au second tour, fidèle à son habitude, elle fera tout pour battre le RN et appellera à voter pour le candidat le mieux placé face à Franck Allisio. Autant dire, sans trop se tromper, Benoît Payan.

Joël BARCY

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