Publié le 26 mai 2026 à 18h36 - Dernière mise à jour le 26 mai 2026 à 18h36
À l’heure où la lecture peine parfois à trouver sa place dans les pratiques culturelles des adolescents, le Prix littéraire des lycéens et des apprentis de la Région Sud continue, année après année, de défendre une autre idée de la transmission culturelle. Celle qui passe par l’échange, la découverte et la création collective.

Mardi 26 mai, près de 800 jeunes se sont retrouvés au 6MIC à Aix-en-Provence pour la 22e édition de ce rendez-vous devenu au fil du temps un véritable laboratoire culturel régional autour du livre et de l’expression artistique. Créé en 2004 par la Région Sud en partenariat avec l’Agence régionale du Livre, le dispositif ne se limite pas à une simple remise de prix littéraires. Son ambition est plus large : réconcilier les jeunes avec la lecture tout en leur faisant découvrir les métiers et les coulisses de la chaîne du livre.
Une lecture vivante et collective
Cette année, 26 établissements scolaires se sont engagés dans l’aventure, réunissant près de 1 000 jeunes jurés accompagnés par 160 professionnels du livre, enseignants, libraires, bibliothécaires ou médiateurs culturels. Au fil des mois, les élèves ont lu, débattu, argumenté et construit un regard critique sur les œuvres sélectionnées. Une démarche qui tranche avec une approche scolaire parfois plus académique de la littérature. Car ici, la lecture devient aussi matière à création. Lors de la cérémonie organisée au 6MIC, plusieurs établissements ont ainsi présenté des ateliers artistiques mêlant écriture, vidéo, scène et arts visuels.
Des jeunes récompensés pour leur créativité
Dans la catégorie Roman, le Prix 2026 a été attribué à « Ilaria » de Gabriella Zalapi, publié aux éditions Zoé. Du côté des jeunes talents, plusieurs élèves ont également été distingués dans les catégories artistiques et créatives associées au concours. Mélina Petri, élève du lycée Mistral à Marseille, a été récompensée dans la catégorie concours d’écriture pour sa nouvelle « Elle aimait ce qui brûle ». Elias Intartaglia, du lycée Zola à Aix-en-Provence, a également été salué pour « Mon lopin de terre ».
Dans la catégorie Bande dessinée, le prix revient à « Carcajou », publié aux éditions Sarbacane, signé Eldiablo et Djilian Deroche pour le scénario et le dessin. Le lycée Zola d’Aix-en-Provence a été distingué dans la catégorie Vidéo, tandis que le lycée Les Iscles de Manosque a remporté le prix Scène. Le lycée Rouvière à Toulon a quant à lui été récompensé dans la catégorie Exposition.
Faire de la culture autre chose qu’un discours
Au-delà du palmarès, ce prix littéraire reste surtout un outil de médiation culturelle particulièrement rare par son ampleur à l’échelle régionale. Dans un contexte où les politiques publiques cherchent souvent à recréer du lien entre les jeunes et les pratiques culturelles, le dispositif apparaît comme l’un des rares à mêler lecture, création artistique et implication concrète des établissements. La Région Sud y voit d’ailleurs un engagement fort en faveur de l’accès à la culture et du soutien à la création contemporaine. « Félicitations aux huit lauréats de cette 22e édition, dont les travaux reflètent une belle créativité et une vraie sensibilité artistique. Avec ce Prix, la Région accompagne chaque année les jeunes dans leur découverte de la création littéraire et graphique, et soutient leur envie de lire, d’imaginer et de créer », souligne la collectivité.
Reste un enjeu plus large : savoir comment prolonger cet élan au-delà du cadre scolaire et faire en sorte que cette curiosité culturelle survive aux années lycée. Car si ces initiatives montrent que les adolescents lisent encore lorsqu’on leur donne les moyens d’entrer dans les œuvres autrement, elles rappellent aussi que l’accès à la culture demeure avant tout une question de transmission et d’accompagnement.
La rédaction



