Publié le 8 mai 2026 à 20h23 - Dernière mise à jour le 8 mai 2026 à 20h23
Il est des moments de sport qui restent dans les mémoires, des situations qui se retournent, des remontadas d’un autre monde… Jeudi soir à Maurice-David, la rencontre qui opposait les Aixois aux indéboulonnables bretons est entrée dans cette catégorie. Pour le plus grand plaisir de celles et ceux qui l’ont vécue.

Et 8 500 personnes ont poussé avec eux… Et le maul noir est allé à l’essai. Et le temps d’une remontada de 20 minutes, le public aixois, trop souvent spectateur, est réellement devenu supporter. Il faut dire que l’histoire était belle à ce moment là ! Avec la réception de Vannes, personne ne s’attendait à une partie de plaisir ; de fait, les leaders incontestés, et incontestables, de la phase régulière du championnat n’avaient pas fait le déplacement pour du beurre désirant trouver dans l’opposition du soir matière à préparer la demi-finale à laquelle ils sont promis depuis déjà quelques semaines.
0-24 à la pause pour Vannes
En première période, ils ont dominé de la tête et des épaules, démontrant qu’ils avaient conservé la puissance, la méthode, les accélérations et la rigueur héritées de leur séjour en Top 14 la saison dernière. Au terme de 40 minutes douloureuses pour Provence Rugby, en raison des faits de jeu, d’un essai casquette mais aussi, il faut bien l’avouer sans chauvinisme, de l’arbitrage parfois surprenant de M. Marbot, les Bretons retrouvaient leur vestiaire en menant au score 0-24. Pas grand monde n’aurait alors misé un kopeck sur les chances des Noirs, certains envisageant même de retrouver prématurément leur domicile… C’eut été dommage !
34-0 en 78 minute pour Aix
Sans être étonnante du fait de la glorieuse incertitude du sport, la seconde période allait permettre aux Aixois de révéler leur vrai visage et aux bretons, peut-être victimes d’un sentiment de supériorité cultivé à la pause, de sombrer corps et biens. Entre la 50e et la 70e minute, le rouleau compresseur noir alignait quatre essais (Lapègue (2), Latterrade et Bitunyata) transformés par Vareiro, soit un 28-0 percutant. Une belle récompense pour l’engagement des troupes de Saint-André et, particulièrement, pour un Coville en grande forme, tout comme Lapègue, Bitunyata et Vareiro très en vue. C’est d’ailleurs le jeune arrière international portugais qui permettait d’inscrire à la 78e un 34-0 puisqu’il réussissait aisément, à deux reprises (76e, 78e), deux pénalités de plus de 50 mètres ! La fête était totale et l’essai vannetais alors que la sirène venait de retentir ne changeait plus grand chose. La messe était dite et bien dite !
Rébellion et incompréhension
Après le match, en conférence de presse, si Philippe Saint-André et Manuel Vareiro mettaient l’accent sur la capacité de rébellion provençale, sur la puissance physique et mentale du collectif, Jean-Noël Spitzer, le coach des Bretons, et Simon Augry avaient de la peine à justifier l’effondrement. « On s’est arrêté de jouer et on les a regardés » avouait un peu dépité le deuxième ligne alors que son coach parlait, lui, « d’incompréhension » avant de poursuivre « il va falloir recadrer les choses mais il est sûr que ce soir, dans l’optique de la demi-finale, il y en a qui n’ont pas marqué de points… » Pour Provence Rugby le point noir de la soirée est la blessure de Sébastien Taofifenua (tendon d’Achille) et du côté positif signalons les retours de Zafra et Harrison. L’ultime rencontre de la saison régulière se déroulera la semaine prochaine et les aixois se déplaceront à Valence-Romans équipe avec laquelle ils sont au coude-à-coude. Mais à l’heure ou nous écrivions ces lignes, avant les matchs de vendredi soir, les noirs pointaient en 2ème position avec deux points d’avance sur Colomiers. Seule certitude, pour le moment, Provence Rugby disputera un éventuel barrage à domicile.
Michel EGEA



