Publié le 8 mai 2026 à 20h29 - Dernière mise à jour le 8 mai 2026 à 20h29
Avec le retour des beaux jours revient aussi celui du moustique tigre. Depuis le 1er mai et jusqu’au 30 novembre, la France métropolitaine est officiellement entrée dans sa période renforcée de surveillance des arboviroses, ces maladies virales transmises notamment par les moustiques, comme la dengue, le chikungunya, le Zika ou encore le virus du Nil occidental.

Et les autorités sanitaires se montrent particulièrement vigilantes cette année. Car 2025 a marqué un tournant inédit en métropole avec une explosion des cas autochtones de chikungunya, c’est-à-dire contractés sur le territoire français sans voyage à l’étranger. Selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé et Santé publique France, 81 foyers de transmission locale ont été recensés l’an dernier, représentant près de 809 cas autochtones. Un niveau jamais atteint depuis la mise en place de cette surveillance renforcée en 2006.
Un moustique désormais présent dans 83 départements
Derrière cette progression se trouve le moustique tigre, Aedes albopictus, implanté désormais dans 83 départements métropolitains sur 96. Introduit en France en 2004, il n’a cessé depuis de gagner du terrain. Actif principalement entre mai et novembre, cet insecte est capable de transmettre plusieurs maladies parfois graves après avoir piqué une personne infectée. L’année 2025 a également vu apparaître des cas autochtones dans des régions jusque-là peu concernées, comme la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est ou encore la Nouvelle-Aquitaine pour le chikungunya. Des infections liées au virus du Nil occidental ont aussi été signalées en Île-de-France, en Normandie et en Auvergne-Rhône-Alpes.
Des maladies qui voyagent avec les passagers
Les autorités sanitaires rappellent que la mondialisation des échanges et des déplacements favorise l’importation de ces maladies depuis des zones où elles circulent activement, notamment l’Asie du Sud-Est, l’Afrique, les Amériques, le Pacifique ou encore certains territoires ultramarins. Le scénario est désormais bien identifié : un voyageur revient infecté, est piqué par un moustique tigre présent en métropole, qui transmet ensuite le virus à d’autres personnes. C’est notamment ce qui explique l’augmentation des cas observés ces derniers mois, dans le contexte de l’épidémie de chikungunya qui a touché l’océan Indien, particulièrement La Réunion.
Une vigilance qui passe aussi par les gestes du quotidien
Face à cette progression, les autorités rappellent que la prévention reste le moyen le plus efficace de limiter les risques. Les eaux stagnantes — coupelles, gouttières, bâches ou récipients laissés à l’extérieur — constituent des lieux privilégiés pour le développement des larves. Leur suppression régulière est donc essentielle. Les professionnels de santé sont également appelés à renforcer leur vigilance afin d’identifier rapidement les cas suspects. Pour la première fois, les dispositifs de signalement des arboviroses ont été entièrement dématérialisés.
Enfin, les voyageurs se rendant dans des zones à risque sont invités à se protéger contre les piqûres pendant leur séjour mais aussi dans les semaines suivant leur retour. Fièvre, douleurs musculaires ou éruptions cutanées doivent conduire à consulter rapidement un médecin en mentionnant son voyage. Car derrière ce petit insecte devenu familier dans une grande partie du pays, les autorités sanitaires voient désormais une menace durable de santé publique.
La rédaction



