Publié le 3 avril 2026 à 9h30 - Dernière mise à jour le 3 avril 2026 à 7h23
À quelques jours du salon Made in PME, qui se tiendra le 9 avril au Parc Chanot à Marseille, Alain Gargani, président de la CPME Sud, détaille les ambitions de cet événement devenu incontournable. Entre mise en réseau, enjeux économiques et inquiétudes conjoncturelles, il livre une vision engagée du rôle des entreprises dans le territoire. Entretien.

Que voulez-vous créer, concrètement, avec ce salon Made in PME ?
L’objectif est de réunir l’ensemble des entrepreneurs de la région Sud — des départements 04, 05, 06, 13, 83 et 84 — pour leur permettre de faire du business ensemble. Aujourd’hui, on observe que beaucoup d’entreprises vont chercher des sous-traitants à Lyon, à Paris ou à Strasbourg, alors qu’elles pourraient trouver les mêmes compétences à Toulon, à Nice ou à Briançon. L’ambition de Made in PME, c’est précisément de recréer ces connexions de proximité, de structurer une communauté économique régionale et de favoriser les échanges en circuit court. Nous en sommes à la deuxième édition, mais c’est véritablement la première fois que cette dynamique prend une telle ampleur.
Comment cette ambition se traduit-elle sur le terrain, le 9 avril à Marseille ?
Nous avons construit un événement très complet. D’abord, un espace d’exposition avec près de 200 stands, représentant l’ensemble des territoires de la région. L’ouverture se fera le 9 avril dès 9 heures au Parc Chanot. Mais au-delà de cet espace, nous avons voulu proposer des formats variés pour répondre à tous les besoins : inspiration, réflexion stratégique et, surtout, développement concret de l’activité.
Quelles seront les grandes thématiques abordées cette année ?
Trois grandes plénières structureront la journée. La première portera sur les Jeux olympiques 2030 et les opportunités qu’ils représentent pour notre territoire. Nous sommes à quelques années de l’échéance, et il est essentiel que les entreprises se positionnent dès maintenant sur les marchés et les appels d’offres.
La deuxième sera consacrée à l’intelligence artificielle. Nous entrons dans une période de transformation profonde des métiers. L’IA doit être perçue comme un levier, un accélérateur. Encore faut-il que les entreprises s’en saisissent au bon moment pour ne pas prendre de retard.
Enfin, une troisième plénière proposera une lecture plus globale, avec une approche géopolitique et économique. Le général Yves Métayer apportera son analyse du contexte international, et l’économiste Mathieu Plane dressera un état des lieux de la situation économique. La venue de Laurent Nunez est également annoncée.
Made in PME s’adresse-t-il uniquement aux petites et moyennes entreprises ?
Non, même si les TPE et PME en constituent le cœur. Nous réunissons en réalité l’ensemble de l’écosystème économique : des petites entreprises, des ETI, mais aussi de grands groupes partenaires comme la CEPAC, Engie, Orange ou CMA CGM. Les institutions seront également présentes -URSSAF, services de l’État – car elles font partie intégrante de l’environnement des chefs d’entreprise. L’idée est de créer un lieu où tous ces acteurs peuvent se rencontrer et interagir.
Quelle place accordez-vous à l’économie sociale et solidaire dans cet événement ?
Elle est pleinement intégrée. La Cress, l’Udes… sont invitées. À la CPME, environ 20 % des filières relèvent de l’économie sociale et solidaire. Nous travaillons avec ces structures au quotidien. Après, comme pour les chambres consulaires, chacun choisit son niveau d’implication dans l’événement.
Vous insistez beaucoup sur le business : comment les entreprises vont-elles concrètement trouver des opportunités ?
Oui, c’est un point essentiel. Nous avons mis en place un speed business meeting, qui permet à 200 chefs d’entreprise de se rencontrer rapidement. En quelques minutes, chacun se présente, échange des cartes de visite, identifie des opportunités. En une heure, on peut repartir avec plusieurs dizaines de contacts qualifiés. Nous avons également organisé des rencontres avec les grands acheteurs du territoire, en partenariat avec la Chambre de commerce. Les entreprises peuvent comprendre comment accéder aux marchés, répondre aux appels d’offres, identifier les bons interlocuteurs. Ce sont des formats très demandés, que nous avons renforcés cette année.
Les workshops répondent-ils à des problématiques très opérationnelles pour les chefs d’entreprise ?
Oui, ils répondent à des besoins très concrets. Par exemple, la facturation électronique, qui va entrer en vigueur, suscite beaucoup d’interrogations chez les chefs d’entreprise : quels outils utiliser, comment s’organiser, quelles échéances anticiper. L’objectif est d’apporter des réponses pratiques, directement exploitables.
Vous avez aussi imaginé les “PMEX” : quel est l’objectif de ce format ?
Oui, c’est un format inspiré des TEDx. Pendant sept minutes, un entrepreneur vient partager son expérience : ses réussites, ses échecs, ses choix. C’est très inspirant, notamment pour ceux qui peuvent traverser des périodes de doute. Cela permet de montrer que derrière chaque réussite, il y a aussi des parcours faits d’essais, d’erreurs et de rebonds.
Vous alertez sur certaines filières, notamment liées au coût des carburants. Que demandez-vous aujourd’hui ?
Oui, très clairement. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises sont en difficulté. L’augmentation des carburants, notamment, pèse lourdement sur certaines filières. Cela peut mettre en danger des pans entiers d’activité. Made in PME doit être une respiration, un moment où les entreprises peuvent retrouver des perspectives, identifier de nouveaux marchés, nouer des partenariats.Je le dis souvent : certains arriveront le matin avec des inquiétudes, et repartiront le soir avec des solutions.
Quel rôle joue aujourd’hui la CPME auprès des entrepreneurs ?
La CPME Sud représente environ 70 000 adhérents, en incluant les fédérations. Notre rôle est d’accompagner et de défendre les TPE et PME dans toutes les situations où elles peuvent rencontrer des difficultés : relations avec l’URSSAF, le fisc, la douane… Nous intervenons comme facilitateur, pour permettre aux chefs d’entreprise d’obtenir des réponses et de ne pas se retrouver seuls. Car la solitude est l’un des principaux risques du dirigeant. Le partage d’expérience est essentiel : échanger avec d’autres entrepreneurs permet souvent de trouver des solutions plus rapidement.
Vous développez aussi des actions spécifiques…
Oui, notamment les Trophées des entrepreneurs positifs, qui valorisent des dirigeants pour leurs qualités humaines -courage, engagement, bienveillance- au-delà des seuls résultats économiques. Nous portons également le programme Cap Climat, qui accompagne les entreprises dans leur transition écologique de manière très concrète, en les aidant à anticiper les évolutions à venir.
Quelle place les entreprises doivent-elles avoir dans les décisions publiques selon vous ?
Nous portons une conviction forte : les entreprises doivent être pleinement associées aux décisions qui les concernent. Nous avons d’ailleurs proposé une feuille de route aux élus pour mieux intégrer les TPE et PME dans les politiques publiques. Si le monde économique et le monde politique ne dialoguent pas, on risque de prendre des décisions déconnectées de la réalité. Notre rôle, c’est aussi de faire entendre cette voix.
Quel message souhaitez-vous adresser aux entrepreneurs qui hésitent encore à venir ?
Je leur dirais que c’est une journée pour eux. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises traversent des périodes compliquées, avec des incertitudes, des difficultés économiques, des tensions sur les coûts. Made in PME est justement là pour apporter des solutions concrètes. On vient pour rencontrer d’autres chefs d’entreprise, pour créer des opportunités, pour trouver des clients ou des partenaires. Je suis convaincu que ceux qui viendront repartiront avec quelque chose : des contacts, des idées, des perspectives. Et dans le contexte actuel, c’est essentiel.
Propos recueillis par Patricia CAIRE
Programme et réservations sur: madeinpmesud.com



