En quelques jours, l’État a repris le contrôle de larges pans du nord-est syrien, longtemps administré par une coalition kurde. Sur le papier, ces développements s’apparentent à une victoire politique pour le gouvernement de transition du président Ahmed al-Sharaa. Sur le terrain, ils mettent à nu un pays fragmenté, où chaque escalade militaire laisse derrière elle des civils déplacés et des services interrompus.
« La situation sur place reste très tendue », a résumé jeudi à New York le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques de l’ONU, Khaled Khiari, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, évoquant des « échanges de tirs et des affrontements » persistants dans le gouvernorat de Hassaké, à l’extrême nord-est du pays.
Cette portion de territoire entre la Turquie et l’Iraq était administrée de manière autonome par la coalition kurde des Forces démocratiques syriennes, ou FDS, jusqu’à l’avancée spectaculaire des forces gouvernementales dans la zone au mois de janvier. Selon M. Khiari, des clashs ont également eu lieu plus à l’ouest, à Aïn al-Arab – Kobané en kurde –, une ville toujours sous le contrôle des FDS, devenue un symbole de la lutte contre Daesh en 2014-2015 .
Le chaos des dernières semaines a mis en évidence les écueils de la tentative du président al-Sharaa de placer l’ensemble du territoire syrien sous le contrôle de son gouvernement, après environ 14 ans de guerre civile qui ont profondément divisé le pays et provoqué la chute, en décembre 2024, du régime de Bachar al-Assad.
