Tchernobyl : quarante ans après, l’ONU alerte sur la nécessité d’une vigilance nucléaire permanente

Publié le 25 avril 2026 à 8h17 - Dernière mise à jour le 25 avril 2026 à 8h18

Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, les Nations Unies ont lancé, ce vendredi 24 avril, un nouvel appel à la vigilance, rappelant que la sûreté nucléaire ne peut jamais être considérée comme acquise, particulièrement dans un monde fragilisé par les tensions géopolitiques et les conflits armés.

Destimed tCHERNOBYL
Illustration générée par intelligence artificielle

Devant l’Assemblée générale de l’ONU, le Sous-Secrétaire général aux politiques, Guy Ryder, s’exprimant au nom d’António Guterres, a rappelé que l’explosion survenue le 26 avril 1986 lors d’un arrêt de routine du réacteur avait provoqué « la pire catastrophe nucléaire de l’histoire ».

L’accident avait libéré d’importantes quantités de radiations, contaminant bien au-delà des frontières ukrainiennes, jusqu’au Bélarus et à la Russie. Environ 350 000 personnes avaient été contraintes de quitter leur domicile, dans un traumatisme collectif dont les conséquences sanitaires, sociales et environnementales restent encore visibles aujourd’hui.

« Nous nous souvenons de la souffrance, du traumatisme et du déplacement de ces populations », a souligné le Secrétaire général, rendant hommage aux victimes mais aussi aux premiers intervenants – pompiers, médecins, travailleurs de terrain — dont l’engagement avait permis de limiter l’ampleur du drame.

Depuis quatre décennies, l’ONU, en lien avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), poursuit son travail de suivi : aide humanitaire, surveillance des effets des radiations, démantèlement des installations nucléaires et accompagnement du développement économique des régions touchées.

Zaporijjia, nouvelle inquiétude nucléaire

Mais le message onusien ne relève pas seulement de la mémoire. Il s’adresse aussi directement au présent. La guerre en Ukraine ravive les inquiétudes autour des infrastructures nucléaires, notamment à la centrale de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, régulièrement citée comme un point de tension majeur.

António Guterres a ainsi demandé l’arrêt immédiat de toute activité militaire à proximité des sites nucléaires. « Tout dommage pourrait compromettre des décennies d’efforts internationaux », a-t-il averti, estimant que le risque d’un nouvel accident majeur ne peut être ignoré.

La présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, Annalena Baerbock, a elle aussi insisté sur cette mémoire toujours vive. Elle a évoqué ses souvenirs d’enfance en Allemagne, à plus de 1 500 kilomètres du site, lorsque les consignes sanitaires liées au nuage radioactif avaient bouleversé le quotidien.

Selon elle, Tchernobyl reste avant tout une leçon de transparence. Le manque d’information initial, les retards dans la communication et l’opacité des autorités soviétiques ont aggravé les conséquences sanitaires, notamment pour les enfants.

« La transparence, la communication rapide et la coopération internationale sauvent des vies », a-t-elle insisté, plaidant pour un renforcement du rôle de l’AIEA, le respect strict du droit international et l’usage exclusivement pacifique de l’énergie nucléaire.

Quarante ans après, Tchernobyl demeure bien plus qu’un souvenir historique. Pour l’ONU, il reste un avertissement permanent : dans le domaine nucléaire, l’imprudence ne pardonne jamais.

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