Publié le 2 octobre 2026 à 22h14 - Dernière mise à jour le 2 octobre 2026 à 22h14
Le tourisme est une manne pour la région. Il devrait rapporter 22 milliards d’euros en 2026 soit 13% du PIB et il représente 150 000 emplois. 2025 était une année de référence, 2026 suit la tendance mais avec des évolutions. Le point avec François De Canson, le président du Comité régional du tourisme.

Destimed : Baisse du pouvoir d’achat, conflits internationaux, on pouvait craindre une mauvaise saison mais la région tire son épingle du jeu.
François De Canson : Oui, on a fait un excellent premier semestre (+ 4 %) et l’été a été correct. Juin est stable, en juillet on progresse de 2 %, on note une baisse en août puis une croissance de 1 % en septembre et 3 % prévus en octobre. 75 % des professionnels se disent satisfaits de cette saison.
2025 était l’année de référence, 2026 a pris le même chemin ?
On sera sur la même tendance mais avec des évolutions au niveau de la clientèle. On relève une baisse du nombre de touristes français de 5 %, compensée par une progression de la clientèle touristique internationale de 5 %. Hors Paris, la Région est leader en matière d’accueil de touristes étrangers, spécifiquement américains (+ 14 %) et allemands (+ 7 %).
Quel est le poids de cette clientèle étrangère aujourd’hui ?
Elle comprend plus du tiers des visiteurs, 37 %. En dix ans, elle a progressé de 7 %, c’est notable. La région obtient la note de 8,2/10 sur l’outil de satisfaction Fairguest. C’est la plus haute de toutes les régions.
C’est un axe que le CRT va développer ?
Bien évidemment car nous avons tout pour accueillir cette clientèle au fort pouvoir d’achat. Elle dépense en moyenne le double d’un touriste français. Nous avons deux aéroports internationaux, le TGV -la clientèle ferroviaire a bondi de 4 à 14 %-, nous avons un nombre colossal de festivals, des musées, nous avons de l’œnotourisme, des golfs, tout pour séduire une clientèle internationale. Les Américains sont revenus en masse même si la Coupe du monde a un peu freiné leur présence.
Le grand bénéficiaire cette saison, c’est l’hôtellerie ?
L’hôtellerie enregistre une hausse de 3 % des nuitées cette saison. En dix ans, l’hébergement marchand est passé de 49 à 56 %. Les principaux bénéficiaires sont ceux qui ont su monter en gamme dans l’hôtellerie comme dans les campings. La clientèle étrangère est exigeante, elle en veut pour son argent et veut un bon rapport qualité-prix. Les résidences de tourisme et l’hôtellerie de plein air de milieu de gamme connaissent une stabilité en juillet et septembre et une baisse en août.
En revanche, les activités annexes et la restauration ont parfois sérieusement souffert ?
60 % des Français sont partis en vacances en 2026 contre 66 % en 2025. Cela a forcément des répercussions. La canicule, la hausse des carburants et son corollaire, la perte de pouvoir d’achat, ont entraîné un repli des activités de loisirs et de restauration. Certains restaurants des centres-villes ont perdu jusqu’à 30 % de leur chiffre d’affaires cette saison.
Malgré tout, le tourisme reste une manne pour la région…
C’est évident, c’est un poids important dans l’économie régionale, il représente 22 milliards d’euros, soit 13 % du PIB, et environ 150 000 emplois. C’est un secteur essentiel.
Comment poursuivre son développement ?
On va continuer en axant nos campagnes sur la désaisonnalisation ou le tourisme des quatre saisons. Il porte ses fruits. La clientèle a progressé de 10 % au printemps et en automne et de 13 % en hiver. Cela permet d’éviter les pics estivaux et le surtourisme. On note en moyenne 30 millions de séjours touristiques dans la région.
Joël BARCY



