Publié le 7 octobre 2026 à 10h42 - Dernière mise à jour le 7 octobre 2026 à 10h42
Trois ans après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Israël commémore ce mercredi la journée la plus meurtrière de son histoire. Environ 1 200 personnes avaient été tuées et 251 prises en otage. Pour la première fois depuis le massacre, cet anniversaire se déroule sans qu’aucun otage, vivant ou mort, ne demeure à Gaza.

À 6h29, l’heure à laquelle avait débuté l’attaque trois ans plus tôt, les premières commémorations ont rappelé ce mercredi matin ce que fut le 7 octobre 2023. Ce jour-là, des combattants du Hamas et d’autres groupes armés palestiniens avaient pénétré dans le sud d’Israël, attaquant des kibboutz, des villes, des bases militaires et le festival de musique Nova. Hommes, femmes, enfants et personnes âgées avaient été tués ou emmenés en otage à Gaza.
Nova, l’un des symboles du massacre

Une cérémonie est organisée ce mercredi sur le site du festival Nova, près du kibboutz Reïm. Le lieu est devenu l’un des principaux symboles du 7-Octobre. Trois cent quarante-huit jeunes y avaient été tués lors de l’attaque. D’autres avaient été enlevés et conduits à Gaza. Trois ans plus tard, familles et survivants s’y retrouvent pour rendre hommage aux victimes. Une autre commémoration doit se tenir à Tel-Aviv, sur l’ancienne place des Otages, devenue pendant deux années le lieu de rassemblement des familles qui réclamaient le retour de leurs proches.
251 otages emmenés à Gaza

Parmi les 251 personnes enlevées le 7 octobre figuraient des civils et des militaires, des Israéliens mais aussi des ressortissants étrangers, des hommes, des femmes, des enfants et des personnes âgées. La plupart ont été libérés dans le cadre d’accords conclus entre Israël et le Hamas en échange de prisonniers palestiniens. Plusieurs dizaines sont morts en captivité. Les restes du dernier otage israélien encore à Gaza ont été récupérés en janvier dernier. Ce troisième anniversaire est ainsi le premier depuis le massacre où aucune famille israélienne n’attend encore le retour d’un otage, vivant ou mort.
Des survivants qui tentent de reconstruire leur vie
Trois ans après, les témoignages des anciens otages disent aussi ce que signifie vivre après le 7-Octobre. Emily Damari avait été enlevée, blessée, dans sa maison du kibboutz Kfar Aza. Libérée en janvier 2025, elle raconte aujourd’hui combien sa captivité a bouleversé son rapport aux gestes les plus ordinaires de la vie. Depuis son retour, elle s’est mariée et tente de reconstruire son existence. Eli Sharabi, lui, a retrouvé la liberté après 491 jours de captivité. Sa femme Lianne et ses deux filles, Noiya et Yahel, avaient été tuées le 7-Octobre. Depuis sa libération, il a participé à la création à Ashkelon d’un centre destiné à accompagner les familles confrontées au traumatisme et au handicap, en mémoire de ses proches. D’autres anciens otages racontent la difficulté du retour, particulièrement pour les enfants. Mais aussi cette volonté de reprendre une vie dont chaque geste a désormais une autre valeur.
Trois ans après, le 7-Octobre demeure une blessure ouverte dans la société israélienne. Ce mercredi est d’abord celui des morts, des survivants, des anciens otages et de leurs familles.
Anna CHAIRMANN



