L’Iran très affaiblie tente d’internationaliser le conflit pour faire pression sur les États-Unis et Israël. Seule la chute du régime mettra un terme à cette menace globale. Un combat qui nous concerne tous.

Après la surprise de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran et ses actions spectaculaires, c’est désormais le temps des interrogations. Ne voyant pas de stratégie claire, une ligne de fracture se fait jour parmi les alliés des États-Unis. Elle illustre à la fois leur impréparation à la guerre, la crainte des retombées économiques et l’amnésie de la menace globale que représente la théocratie chiite. Pourtant, se déroule devant nous un combat existentiel, ayant commencé bien avant 2026, dont nous ne pouvons rester les témoins passifs.
L’Iran des mollahs, une menace globale et existentielle
Dès sa fondation, en 1979, la République islamique d’Iran a affirmé une doctrine politico-religieuse radicale. Cela s’est traduit par une répression sanglante, la lutte armée contre l’occident, une hégémonie régionale et l’exportation mondiale de sa révolution. En déléguant sa terreur à des « proxys » (Hezbollah, Houthis, Hamas), Téhéran a instauré une ère de chaos, des attentats de Beyrouth en 1983 contre les forces américaines et française de l’ONU (299 morts), au pogrom du 7 octobre 2023 contre Israël.
Malgré les sanctions, le régime a détourné toute l’économie du pays et sanctuarisé ses actifs stratégiques sur une surface de 1,65 million de km². En particulier, un programme nucléaire militaire, des usines de fabrication de missiles à longue portée (pouvant atteindre l’Europe voire les États-Unis) et de drones, ceux utilisés par la Russie dans sa guerre en Ukraine. Mais ce colosse aux pieds d’argile n’a ni marine et aviation modernes, ni soutien populaire.
Les objectifs de la coalition américano-israélienne
A peine le conflit entamé, des experts prédisaient déjà l’enlisement, ne voyant que des frappes massives et des effets collatéraux. Pourtant, la stratégie se déploie sous nos yeux. Il suffit pour le voir de ne pas occulter la réalité, au prétexte que Trump et Netanyahou sont à la manœuvre.
Côté israélien, elle porte le nom de « doctrine Momentum » (élan). Elle a été établie par l’ancien chef d’état-major, Aviv Kochavi, en prévision de la confrontation inévitable avec la mollarchie. Il s’agit d’attaques massives, multiples, rapides et répétées sur des actifs stratégiques ou à haute valeur symbolique, comme les dignitaires religieux et politiques, pour disloquer le régime et l’empêcher de sortir la tête de l’eau. Une banque de dizaines de milliers cibles, continuellement mises à jour, via l’IA et le renseignement, nourrit les missions.
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Les forces alliées suivent un plan précis et coordonné (15 000 cibles). Plus de 400 avions sont mobilisés (avec ravitaillement en vol). Ils effectuent jusqu’à 4 séries de bombardements par jour à 1 800 km de distance avec, au retour (pour Tsahal), des attaques contre le Hezbollah au Liban (1 100 cibles). Les interventions sont précises pour éviter des pertes civiles, avec de alertes avant les frappes. Dans la perspective d’un soulèvement populaire, l’aviation israélienne détruit méthodiquement l’appareil répressif responsable du massacre de plus de 30 000 personnes les 8 et 9 janvier dernier.
Si les deux armées font preuve d’une totale intégration, leurs objectifs ne coïncident pas totalement. Pour Israël, l’Iran est une menace existentielle (inscrite dans la constitution perse). Le but est de « créer les conditions d’un changement de régime », par une fragmentation généralisée, afin de permettre au peuple de reprendre son destin, avec l’aide de l’armée régulière, comme en 1979. Les États-Unis se contenteraient d’un pays affaibli, ne constituant plus un danger régional et global, comme au Venezuela. Le plus grand danger, si le pouvoir restait en place, serait la poursuite en secret de ses projets, comme l’acquisition de l’arme atomique, quitte à se la procurer à l’étranger.
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L’Iran de « la défense mosaïque » à l’implosion ?
Retenant les leçons de la guerre des 12 jours, l’Iran a opté pour un commandement décentralisé, la « défense mosaïque ». Cependant, cette organisation ne permet ni de définir une stratégie coordonnée ni de s’adapter à la situation. Cela se traduit par une offensive tous azimuts contre des actifs militaires occidentaux, les installations pétrolières ou les usines de dessalement des pétromonarchies et une volonté d’embasement. Ainsi, l’Iran tente de généraliser le conflit en attaquant le Caucase (Turquie, Azerbaïdjan) et en prenant en otage le détroit d’Ormuz. Ce que Téhéran ne peut gagner sur le champ de de bataille, elle essaye de l’obtenir par sa capacité de nuisance contre ses voisins et sur l’économie mondiale, pour affaiblir par ricochet les États-Unis.
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Cela a peu affecté les États-Unis, dont les pertes restent encore limitées, ni provoqué une crise pétrolière majeure. Il a suffi d’une parole de Donald Trump pour calmer les marchés et l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a proposé « le plus important déblocage de réserves de pétrole » de l’histoire. Quant à Israël, malgré l’attaque combinée avec le Hezbollah, ses systèmes antiaériens font tous les jours la démonstration de leur efficacité (plus de 90% d’interception) y compris des « missiles à sous-munition », pourtant prohibés et constitutifs de crimes de guerre.
La théocratie chiite a perdu 80% de ses capacités balistiques, sa flotte et son aviation. Elle en est réduite aux menaces d’attentats à l’étranger et aux fatwa contre les juifs et l’occident. Même le choix de Mojtaba Khameneï, en tant que Guide suprême, est un aveu de faiblesse. Cette nomination d’un « Businessman en turban », signe la mainmise des gardiens de la révolution et fait apparaître, malgré une résilience façade, des fractures importantes. Sous les pilonnements intensifs de la coalition, la « mosaïque » pourrait se morceler encore plus, jusqu’au point de rupture, alors que la coalition n’a pas joué toutes ses cartes. En particulier, s’en prendre au système bancaire et au hub pétrolier de l’île de Kharg représentant plus de 90% des exportations de pétrole brut de l’Iran.
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Un combat civilisationnel
Ce conflit révèle nos failles : une Royal Navy incapable d’escorter ses navires et des pétromonarchies vulnérables. Face à un régime apocalyptique qui utilise sa population comme bouclier, l’apaisement est une illusion. Scénario qui a prévalu jusqu’à présent préfigurant la confrontation suivante. Toute survie de la dictature cléricale, même affaiblie, serait interprétée une « victoire divine ». La mort récente d’un soldat français en Irak rappelle que face aux mollahs, la neutralité n’existe pas. C’est un combat civilisationnel dont l’issue déterminera la sécurité du XXIe siècle.
L’Iran sponsor du terrorisme –Tableau des principaux attentats et assassinats (Iran/Proxys)
| Année | Événement | Lieu | Cible / Victimes | Responsable présumé |
| 1983 | Attentats du Drakkar et de l’Ambassade US | Beyrouth | 299 soldats (Français/USA) | Hezbollah / Iran |
| 1986 | Vague d’attentats à Paris (rue de Rennes) | France | Civils (13 morts, 250 blessés) | Réseau Fouad Ali Saleh (lié Téhéran) |
| 1991 | Assassinat de Chapour Bakhtiar | Suresnes (FR) | Dernier Premier ministre du Shah | Services secrets iraniens |
| 1992 | Attentat de l’ambassade d’Israël | Buenos Aires | 29 morts | Hezbollah / Iran |
| 1994 | Attentat de l’AMIA (Centre culturel juif) | Buenos Aires | 85 morts | Hezbollah / Iran |
| 1996 | Attentat des tours de Khobar | Arabie S. | 19 soldats US | Hezbollah Al-Hejaz |
| 2012 | Attentat de l’aéroport de Bourgas | Bulgarie | Touristes israéliens (6 morts) | Hezbollah |
| 2023 | Attaques du 7 Octobre (Soutien logistique) | Israël | 1 200 morts | Hamas / Jihad Islamique |
| 2024 | Assassinats ciblés de dissidents | Europe | Journalistes et opposants | Unité 840 des Pasdarans |



