Aix-Marseille Provence : Nicolas Isnard en position de force pour prendre la tête de la Métropole

Publié le 2 avril 2026 à 17h43 - Dernière mise à jour le 2 avril 2026 à 17h54

Il y pensait depuis longtemps, certains disent même qu’il s’y préparait depuis deux ans. Le 7 avril prochain, le maire (LR) de Salon-de-Provence devrait être élu à la tête de la Métropole Aix-Marseille Provence. Toutes les planètes semblent alignées pour celui qui s’apprête à prendre les rênes d’un EPCI pesant près de 5 milliards d’euros. 

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Nicolas Isnard, maire LR de Salon-de-Provence © Joël Barcy

Une voie royale 

Martine Vassal hors course après sa déroute aux municipales — elle n’a pas souhaité briguer un nouveau mandat — une voie royale s’est ouverte pour le maire de Salon-de-Provence. À la tête d’une ville de 45 000 habitants conquise à la gauche en 2014, Nicolas Isnard a depuis tracé son sillon. Réélu dès le premier tour en 2020 avec 69 % des voix, il a confirmé son ancrage local en 2026 avec un nouveau plébiscite, recueillant 75 % des suffrages, toujours au premier tour. Une assise électorale solide qui lui permet aujourd’hui de peser dans les équilibres politiques métropolitains.

C’est joué d’avance

À ce jour, il est le seul candidat déclaré pour prendre la tête de la Métropole. Nicolas Isnard s’est officiellement positionné fin mars, à Saint-Victoret, lors d’une assemblée des maires du territoire qui l’a adoubé. Depuis, plusieurs poids lourds politiques ont confirmé leur soutien. Il bénéficie ainsi d’un large spectre, allant de son voisin istréen Robin Prétot (LR) au maire de Marseille (gauche), en passant par Sophie Joissains (UDI), maire d’Aix-en-Provence. Autant dire que l’élection du 7 avril semble jouée d’avance et pourrait, là encore, se transformer en plébiscite.

Décentralisation

À la faveur de sa réussite aux élections municipales de mars 2026, la trajectoire de Nicolas Isnard s’est nettement accélérée à l’échelle régionale. Sa stature de candidat consensuel lui a permis de rallier des soutiens jusque-là improbables, comme celui du maire de Marseille. Pour s’imposer auprès des maires du territoire, il s’est également positionné en défenseur de la proximité, face à ce qu’il décrit comme la lourdeur administrative de la Métropole.

Alléger la machine 

Dans son projet, Nicolas Isnard défend « une Métropole des maires pour les maires ». Son objectif est de  décentraliser et « rendre les réverbères aux maires ». Il souhaite recentrer l’institution sur la stratégie globale -transports, grands projets, développement économique-  tout en laissant aux communes la gestion quotidienne et les décisions de proximité. Il plaide ainsi pour une Métropole « facilitatrice, transversale, transpartisane », une vision qui rejoint, sur plusieurs points, celle défendue par Benoît Payan. On peut citer par exemplela propreté qui a été au cœur des débats de la campagne. Le maire ne souhaite pas récupérer la gestion du secteur, mais entend disposer d’un droit de regard sur les effectifs et les moyens mobilisés par la Métropole, afin d’en finir avec l’image de ville sale. Cette convergence entre Benoît Payan et Nicolas Isnard vise à stabiliser la gouvernance du territoire, en associant pleinement la ville centre aux décisions et en rééquilibrant les pouvoirs avec les 91 autres communes.

Gouvernance plurielle

Nicolas Isnard bénéficie aujourd’hui d’un état de grâce. La guerre picrocholine que se sont livrés Martine Vassal et Benoît Payan durant le précédent mandat a laissé des traces, nourrissant un véritable ras-le-bol chez de nombreux maires de la Métropole. Tous aspirent désormais à un fonctionnement plus apaisé. Ils souhaitent que l’institution retrouve pleinement son rôle d’EPCI (établissement public de coopération intercommunale), en devenant un outil de coopération au service des communes, plutôt qu’une collectivité gouvernée de manière centralisée. Dans ce contexte, deux blocs pluriels — à droite comme à gauche — pourraient émerger au sein de l’assemblée et être amenés à voter ensemble, dès lors que les grandes orientations convergent.

Exécutif ouvert

Même s’il est étiqueté LR, Nicolas Isnard revendique un futur exécutif ouvert : « Tous ceux qui le voudront seront les bienvenus », affirme-t-il. « Tout le monde aura sa place s’il le souhaite. » Une trentaine de vice-présidences sont notamment à pourvoir. Si droite et gauche devaient cohabiter au sein de cette gouvernance, ce serait une évolution notable dans un paysage politique souvent marqué par les logiques de chapelles et les affrontements. Nicolas Isnard a en revanche exclu le Rassemblement national de ce « pacte républicain ».

Rendez-vous le 7 avril pour vérifier si ces promesses de campagne -celles d’une présidence apaisée et opérationnelle-  se traduisent dans les faits.

Joël BARCY

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