Marseille : le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez veut renforcer la coordination face à une criminalité organisée en mutation

Publié le 10 avril 2026 à 8h25 - Dernière mise à jour le 10 avril 2026 à 8h25

En déplacement à Marseille, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté une nouvelle stratégie pour lutter contre la criminalité organisée. Face à des réseaux de plus en plus structurés et dotés de moyens considérables, l’État entend renforcer la coordination entre les services, désormais pilotés par la direction nationale de la police judiciaire.

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Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en déplacement à Marseille © Joël Barcy

Un état-major mobilisé

Autour du ministre, tout un état-major était réuni à l’Évêché : police judiciaire, police nationale, gendarmerie. Une mobilisation totale pour lutter contre la criminalité organisée, qui commence, selon Laurent Nuñez, à produire des résultats. « Nous enregistrons une progression du nombre de mis en cause dans les trafics de stupéfiants : +14 % l’an passé, et déjà +23 % depuis le début de l’année. Nous allons poursuivre ce travail », assure-t-il. Ces investigations permettent, selon lui, de mieux comprendre le fonctionnement de la DZ Mafia et d’adapter les dispositifs pour tenter de l’éradiquer. « Nous devons être plus réactifs et mieux coordonnés. »

Une criminalité qui s’adapte

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Christian Sainte, directeur national de la Police judiciaire © Joël Barcy

Face à cette pression, les organisations criminelles évoluent rapidement. Elles utilisent des outils de plus en plus sophistiqués et s’appuient notamment sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques pour développer leurs activités. « Aujourd’hui, tout s’accélère », constate Christian Sainte, directeur national de la Police judiciaire. « Ces outils facilitent les échanges et permettent à certains malfaiteurs de monter en gamme très rapidement. » Pour répondre à cette évolution, le ministère de l’Intérieur fait le choix d’un pilotage renforcé, en confiant à la direction nationale de la police judiciaire un rôle central dans la coordination des enquêtes.

Des moyens hors norme

Un rapport de 200 pages du Sirasco – Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée- dresse un constat préoccupant de la puissance financière et logistique de ces réseaux. « L’unité de compte des marchés criminels est désormais le milliard », souligne Annabelle Vandendrieessche, commissaire divisionnaire et cheffe du service. Pour le seul narcotrafic, les revenus sont estimés à près de 7 milliards d’euros par an. Les organisations les plus structurées disposent de capacités inédites : construction de semi-submersibles pour transporter la drogue à travers l’Atlantique, découverte de narco-tunnels reliant le Maroc à l’Espagne… autant d’indices d’une montée en puissance qui dépasse largement les schémas traditionnels.

Une lutte appelée à durer

Les services d’enquête ont récemment porté des coups importants à la DZ Mafia, avec plusieurs dizaines d’interpellations. Mais ces réseaux montrent leur capacité à se recomposer rapidement, notamment à travers l’émergence de nouvelles structures comme la DZ NG. Dans ce contexte, la lutte contre la criminalité organisée apparaît plus que jamais comme un combat de long terme, nécessitant adaptation constante et coordination renforcée des services de l’État.

Reportage Joël BARCY

 

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