Publié le 17 avril 2026 à 21h48 - Dernière mise à jour le 17 avril 2026 à 21h48
Le choix du site des épreuves de glace des Jeux olympiques d’hiver 2030 vire au blocage. Entre désaccord technique, surcoût de 45 M€ et tensions politiques, l’avenir du pôle niçois est désormais incertain. Une décision doit être prise dans les prochains jours.

Le dossier des Jeux olympiques d’hiver 2030 se tend autour de Nice. Le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier (Renaissance), a alerté sur une « situation de blocage » concernant le lieu d’accueil des épreuves de hockey sur glace. Nice est pourtant au cœur du dispositif olympique. La ville doit accueillir plusieurs disciplines de glace, dont le patinage artistique, le hockey, le short-track et le curling, ainsi qu’un village olympique et un centre des médias.
Un désaccord autour de l’Allianz Riviera
Le projet initial prévoit de couvrir temporairement le stade de l’Allianz Riviera afin d’y organiser les épreuves de hockey, tout en construisant à proximité une patinoire et le village olympique. Mais cette solution se heurte à l’opposition du nouveau maire UDR-RN de Nice, Éric Ciotti, qui refuse que l’OGC Nice soit privé de son stade pendant plusieurs mois. À l’issue d’une nouvelle réunion de travail, les services de la Région ont confirmé que cette option n’avait pas obtenu d’accord. L’alternative proposée par la municipalité, dont les contours restent flous, pose également problème.
Un surcoût et un risque pour le calendrier
Selon la Région, cette solution alternative engendre un surcoût estimé à 45 millions d’euros, jugé incompatible avec les équilibres financiers du projet. Elle fait également peser un risque majeur sur le calendrier, avec une possible dérive des délais incompatible avec la livraison des Jeux. Dans ce contexte, les discussions techniques menées entre le comité d’organisation des Jeux (Cojop), la SOLIDEO, l’État, la Région et la Ville de Nice n’ont pas permis de sortir de l’impasse.
Trois jours pour trancher
Le calendrier s’accélère. Une réunion décisive du Cojop, présidé par Edgar Grospiron, est prévue dans les prochains jours. Les acteurs du dossier n’ont désormais que « trois jours pour sortir du blocage ». Une décision devra être prise d’ici la fin du mois d’avril.
Nice sous pression… et concurrencée
La situation fragilise directement le pôle niçois. « Les blocages actuels pourraient conduire à sa remise en cause », a averti Renaud Muselier. D’autant qu’une alternative commence à émerger. Début avril, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a proposé d’accueillir certaines épreuves de glace à la place de Nice.
Un affrontement politique assumé
De son côté, Éric Ciotti maintient sa volonté d’accueillir les épreuves, tout en dénonçant des choix contestables. Le maire de Nice affirme craindre que des considérations politiques aient influencé les décisions, au détriment des intérêts de la ville et de ses habitants. Pourtant, quelques jours auparavant, lors d’une conférence de presse en amont de la plénière de la Région, Renaud Muselier soulignait que la position d’Éric Ciotti avait évolué ces derniers mois, passant d’une opposition aux Jeux à une volonté de les maintenir à Nice, avec un projet alternatif.
Un dossier sous haute tension
Entre contraintes techniques, équilibres budgétaires et rivalités politiques, le dossier niçois des Jeux 2030 est devenu explosif. La décision à venir sera déterminante : elle pourrait confirmer Nice comme pôle majeur des épreuves de glace… ou acter un basculement vers un autre territoire.
Patricia CAIRE



