Publié le 30 avril 2026 à 9h32 - Dernière mise à jour le 30 avril 2026 à 9h36
Au lendemain du refus de vote du budget de la métropole Aix-Marseille-Provence, la ville de Marseille a adopté le sien sans difficulté. D’un montant de 2,16 milliards d’euros, il a été voté sans hausse d’impôts, dans un contexte marqué par de fortes incertitudes économiques.

Rappel à l’ordre
Le Rassemblement national a poursuivi sa ligne. Dans toutes les assemblées, il profite de la moindre intervention pour aborder ses thèmes de prédilection : l’ordre et l’immigration. Olivier Rioult, maire des 11-12, utilise un rapport sur la culture pour glisser que le maire a autorisé une exposition sur le Vieux-Port dont le thème était « Stop aux violences d’État ». Benoît Payan s’insurge et indique qu’il n’a pas ce pouvoir. Olivier Rioult tente de poursuivre, le maire coupe le micro et rappelle les règles dans l’enceinte du conseil municipal. « Ici, ça ne fonctionne pas comme ça. Vous n’êtes ni dans une assemblée du Rassemblement national, ni en campagne. Ici, vous respectez ce qui se passe. Vous êtes élu de la République. Je vous ai laissé deux fois la parole et je vous ai laissé deux fois dire des contre-vérités. »
Budget voté
Le budget de 2,16 milliards d’euros est réparti entre 1,57 milliard d’euros en fonctionnement et 552 millions en investissements. Joël Canicave, adjoint aux finances, indique que « les recettes ont été meilleures que prévues », ce qui permet à Benoît Payan de respecter ses engagements de campagne. « On avait promis aux Marseillaises et aux Marseillais un budget qui aille dans leur sens, un budget où il n’y a pas de coupes, où il n’y a pas d’austérité, pas de hausse d’impôts. Nous allons vivre de plus en plus d’instabilité, le monde va très mal et le rôle d’un maire est de protéger ses administrés. »
La droite et le centre, réduits à quatre élus, se sont abstenus, en attendant de voir l’atterrissage en fin d’année. « Nous avons au moins la chance dans cet hémicycle d’avoir pu nous prononcer sur un budget, note Romain Simmarano, conseiller municipal. À la Métropole, hier, c’était impossible. On voit bien l’imprévisibilité du monde, du pays et même du local. On doit regarder les choses au service des Marseillais. On fait des choix, on enlève ou on ajoute, c’est cela dont on a parlé aujourd’hui, et c’est très sain. »
Opposition
Le Rassemblement national est le seul à avoir voté contre ce budget. « Nous n’y avons pas trouvé notre compte. Sur la sécurité, typiquement, on n’est pas au rendez-vous des urgences et des besoins des Marseillais », indique le conseiller municipal RN Franck Allisio. « 1 % consacré à la sécurité, c’est évidemment un scandale, et l’endettement repart à la hausse. »
Les principales difficultés du mandat pourraient être liées aux incertitudes internationales, susceptibles de peser sur les équilibres budgétaires à venir.
Reportage Joël BARCY



