Élections Sénatoriales.  Un roi, deux prétendantes et une trouble-fête…

Publié le 8 mai 2026 à 21h05 - Dernière mise à jour le 8 mai 2026 à 21h05

A peine le temps de se remettre des municipales que les sénatoriales occupent déjà toute la sphère politique. On va de surprise en surprise. Avril, Renaud Muselier (Renaissance) donne le La en annonçant sa candidature comme tête de liste d’une large union de la droite et du centre dans les Bouches-du-Rhône. Mai, Sabrina Agresti-Roubache (Renaissance), la ministre de l’Enseignement et de la Formation professionnelle évoque sa volonté d’emmener « une liste de territoires et de terrain ». Visiblement le palais du Luxembourg fait rêver.

Destimed Politiques
Renaud Muselier, Valérie Boyer, Brigitte Devéza, Sabrina-Agresti-Roubache (Photos Joël Barcy)

 Un roi et une cour

 Le roi, Renaud (Muselier) est très courtisé à moins de 5 mois des élections sénatoriales. Deux sénatrices sortantes ont annoncé qu’elles souhaitaient rejoindre sa liste. Valérie Boyer (LR) et Brigitte Devéza (UDI). Chacune met en avant ses plus beaux atours politiques pour décrocher la deuxième place, celle qui assure à coup sûr un accès à la chambre haute. Brigitte Devéza, élue centriste, a été surprise par le choix du président de région de vouloir rejoindre le Sénat. Mais dès l’information connue, elle a voulu être de l’aventure. Elle vend « sa loyauté, son engagement dans la majorité sénatoriale, ses liens solides avec les maires et les associations. » Autre élément de poids, elle est du pays d’Aix, « mathématiquement ce n’est pas neutre, je peux ramener des grands électeurs de la deuxième ville du département vers la liste de la droite et du centre. »

Valérie Boyer a de son côté un avantage, elle est LR. Derrière une tête de liste Renaissance, elle offre un équilibre sur la photo de famille. Elle met en avant son côté « élue de droite assumée, sa capacité à rassembler et son travail parlementaire sur l’entrisme et la protection des élus locaux » et prochainement « son action sur la protection du patrimoine religieux. » Renaud Muselier aura donc l’embarras du choix entre une sénatrice centriste et une sénatrice Les Républicains. Mais c’est peut-être finalement Gérard Larcher qui pèsera sur le choix dans le cadre des équilibres au sein du Sénat.

Le projet, le projet…

 Les deux candidates le jurent ce n’est pas l’heure de parler de positionnement sur la liste, elles n’ont qu’une ambition : le projet. Le programme, rien que le programme… et les convictions. Personne n’en doute mais pour être élue il faut avoir une bonne place. Comme pour les élections municipales ce sont des listes « chabada », entendez une alternance homme/femme. En 2020, la droite et le centre avaient obtenu 3 sénateurs sur les huit des Bouches-du-Rhône. En 2026, le curseur pourrait aller jusqu’à quatre mais c’est un conditionnel et le passeport pour le Sénat n’est pas garanti.

Alors chacune trace sa route, peaufine sa tactique. Lors de l’élection du président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône ce jeudi, toutes deux sont intervenues devant les élus pour être repérées, montrer qu’elles sont à l’écoute des grands électeurs qui les feront ou non reine et séduire le roi Renaud présent dans la salle.

Une outsider

Dans ce jeu de dames, une troisième vient jouer les troubles fêtes et veut rebattre les cartes : Sabrina Agresti-Roubache, la ministre de l’Enseignement et de la formation professionnelle. Elle porte la même casaque Renaissance que le président de région mais elle envisage de conduire une liste pour faire du Sénat « un outil de résistance politique » et défendre « une liste de territoires et de terrain ». Cette candidature d’un membre du gouvernement a surpris. Certains y voient la volonté d’affaiblir Renaud Muselier. Valérie Boyer cingle : « Vous connaissez beaucoup de maires macronistes vous qui pourraient la suivre ? Elle est agressive vis-à-vis de Renaud. Le Premier ministre ferait bien de régler ce problème car cela fait désordre. En plus elle fait campagne avec les moyens de son ministère. »

Compte à rebours

Les élections sénatoriales se dérouleront en préfecture le 27 septembre 2026. 3 700 grands électeurs désignés en juin seront appelés à voter pour les listes en concurrence. Le vote est cette fois obligatoire. Pêcheurs à la ligne s’abstenir. D’ici septembre l’échiquier politique risque d’être remuant.

Joël BARCY

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