Publié le 17 mai 2026 à 9h37 - Dernière mise à jour le 17 mai 2026 à 9h37
À Bonnieux (84) , la Fondation Blachère explore toutes les nuances du bleu à travers une quarantaine d’artistes africains contemporains réunis dans l’exposition « Afroblue ». Entre mémoire, spiritualité, identité et récit politique, cette couleur devient bien davantage qu’un motif esthétique : une matière sensible pour raconter le monde africain contemporain et ses profondes racines culturelles.

Le bleu comme emblème
Les couleurs n’ont pas le même sens en fonction des cultures voire change de fonction au cours des siècles. En Europe, le bleu a symbolisé la pureté, puis le prestige, la sagesse, la paix ou la mélancolie. Cette exposition montre, à travers ces créations d’artistes contemporains africains, que le bleu n’est pas qu’une nuance. Il a des dimensions profondes et plurielles. Le bleu a un rôle central, il est une identité, une mémoire collective. L’exposition se déploie autour de trois thèmes : être bleu, faire bleu et habiter le bleu.
Être bleu

Dans Être bleu, la couleur transforme le corps en espace politique et sensible. La Béninoise Moufouli Bello célèbre la femme, source de fertilité et de pouvoir. Avant la colonisation, le bleu désignait « la peau du ciel ». Il avait une dimension spirituelle. Beya Gilles Gacha sacralise l’être humain en l’enveloppant d’un épiderme de perles bleu, allusion à une tradition Bamiléké de l’Ouest du Cameroun où les perles sont synonymes de richesse. Jean David Nkot aborde les séquelles de l’industrialisation sur la condition humaine. Le bleu rend visibles ces travailleurs de l’ombre, transformés en figures emblématiques.

Faire bleu

Dans les œuvres présentées, le bleu se fait aussi matière vivante. L’indigo est l’or bleu du continent africain. Il recouvre les corps, s’insinue dans le textile, révèle. Il est chargé de significations sociales, spirituelles et politiques. Il joue un rôle essentiel dans l’œuvre monumentale d’Abdoulaye Konaté. Avec ses multiples nuances « Lune bleue » renvoie au silence et à la spiritualité. Elle représente le lac Figuibine aujourd’hui presque asséché, veillé par la lune.
Racines
Cette exposition montre, à travers ces créations d’artistes contemporains africains, que le bleu a un rôle central sur le continent. Il a des dimensions profondes, plurielles et enracinées que la quarantaine d’artistes traduit avec sa sensibilité.
Exposition Afroblue, Centre d’art – gare de Bonnieux (84), jusqu’au 19 septembre – Renseignements sur fondationblachere.org



