Festival de Cannes : Margaux Fournier, césarisée pour « Le Bain des dames », se dévoile face aux jeunes

Publié le 21 mai 2026 à 7h23 - Dernière mise à jour le 21 mai 2026 à 7h23

Elle est aussi à l’aise avec un parterre de jeunes qu’avec les retraitées. Margaux Fournier, César du meilleur court-métrage documentaire pour « Au bain des dames » rencontrait des lycéens et étudiants sur le stand de la Région Sud à cannes. L’occasion pour la réalisatrice de se dévoiler.  

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Margaux Fournier, réalisatrice césarisée pour “Le Bain des dames”, entourée de lycéens et d’étudiants venus échanger avec elle sur le stand de la Région Sud au Festival de Cannes. Un moment de dialogue autour du cinéma, de la transmission et du regard porté sur les générations. (Photo Joël Barcy)

« Le même effet qu’un mariage »

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Margaux Fournier lors de sa rencontre avec les lycéens et étudiants au Festival de Cannes. La réalisatrice est revenue sur le succès inattendu du “Bain des dames” auprès des jeunes générations (Photo Joël Barcy)

Quand on a une star sous la main les questions des jeunes fusent. « Comment avez-vous réagi quand vous avez obtenu le César ? » « J’ai eu la pâteuse, confie Margaux Fournier.  Je n’avais plus de salive, je cherchais de l’eau, de l’eau mais apparemment il n’y avait que du champagne… Sinon c’est un peu ce que mes amies, qui se sont mariées, m’ont décrit. Tu te prépares pendant des mois, t’attends, tu espères et à la fin ça se passe en deux minutes et tu ne te souviens pas. C’est un mini état de choc.»

Choix des acteurs

« Comment avez-vous choisi les acteurs ? » enchaîne un autre jeune.  « Cela s’est fait étonnamment. J’étais partie en repérage sur la plage du Bain des dames, mais il faisait ce temps-là avec une pluie menaçante. Moi j’étais perdue d’avance… Et là j’ai vu Joëlle et Régine et Pastis (le chien) qui remontaient l’escalier pour accéder au parking et je me suis dit, c’est elles, voilà ! Et quand je leur ai parlé elles m’ont dit reviens demain. Et donc c’est à cause d’elles ou grâce à elles que j’ai tourné le court-métrage en une seule semaine et que je ne me suis pas posé de questions

Transgénérationel

Au départ Margaux Fournier pensait que sa cible serait les retraités mais les jeunes se sont largement emparés du court-métrage. « Joëlle c’est le portrait de ma grand-mère, constate Emma, étudiante en licence arts du spectacle à Aix-en-Provence. Moi j’ai trouvé que “Au bain des dames” parlait vraiment à tout le monde, c’est ça qui est trop bien. Je pense que c’est pour ça que le film a marché car il a vraiment réussi à toucher les gens et on a vraiment réussi à comprendre qui était Joëlle au travers de ce que la réalisatrice a montré. »

Des retraitées branchées

Pour Margaux Fournier deux surprises ont entouré le film. L’écho très positif chez les jeunes et la découverte de retraitées très branchées à tous les niveaux. « Je savais qu’il y avait encore une vie après soixante ans mais de là à être connectées numériquement et “dater” en ligne via Tinder j’ai été un peu choquée. Choquée de découvrir que nos conversations à 20, 30 ou 70 ans sont similaires.» 

Nouvel opus

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Margaux Fournier (Photo Joël Barcy)

Actuellement Margaux Fournier prépare un nouvel opus sur les retraités, mâles cette fois.  Exit la plage, place au boulodrome. Avec toujours une écriture spontanée, sans leçon de morale. « Je veux continuer à monter des scènes qui me font du bien et qui pourraient faire du bien à la société mais pas au sens d’influencer le regard et dire c’est ça qu’il faut penser ou regarder. »

Désormais on ne peut plus légitime dans le monde du cinéma avec son César la réalisatrice n’aura pas de difficultés à convaincre des producteurs de prendre ses scénarios.

Reportage Joël BARCY

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