Publié le 30 juin 2026 à 6h59 - Dernière mise à jour le 30 juin 2026 à 6h59
Alors que le bilan des violents séismes qui ont frappé le nord du Venezuela continue de s’alourdir, les Nations Unies poursuivent les opérations de secours tout en préparant déjà la phase de reconstruction. Plus de 1 700 personnes ont perdu la vie, des milliers d’autres sont blessées ou sans abri, et les humanitaires redoutent une catastrophe durable.

Cinq jours après les deux puissants séismes qui ont frappé le nord du Venezuela le 24 juin, les opérations de recherche se poursuivent dans des conditions toujours périlleuses. Les autorités vénézuéliennes recensent désormais 1 719 morts, près de 5 000 blessés et environ 12 000 personnes déplacées, tandis que le nombre de disparus demeure inconnu.
Malgré le temps qui passe, les secours refusent d’abandonner tout espoir. Sept survivants ont encore été extraits des décombres dimanche, une découverte qualifiée de « miracle » par le coordinateur humanitaire des Nations Unies au Venezuela, Gianluca Rampolla. Ce sauvetage nourrit l’espoir de retrouver d’autres victimes vivantes, bien au-delà des 72 premières heures généralement considérées comme décisives.
Des secours confrontés à une crise qui s’installe
L’urgence reste immense. Les destructions se concentrent principalement dans l’État de La Guaira, au nord de Caracas, ainsi que dans plusieurs quartiers de la capitale. Environ 2 500 bâtiments ont été endommagés ou détruits.
Les équipes de secours interviennent toutefois dans un environnement particulièrement instable. Depuis le séisme principal, près de 500 répliques ont été enregistrées, dont une secousse de magnitude 5,2 dans la nuit de dimanche à lundi. À cette menace s’ajoute désormais le risque de fortes précipitations liées au passage d’une onde tropicale, susceptible de fragiliser davantage les bâtiments déjà endommagés et de compliquer les opérations de sauvetage.
Plus de 2 000 secouristes issus de 27 pays, accompagnés de plus de 160 chiens spécialisés, sont aujourd’hui mobilisés sur le terrain. En parallèle des recherches, les agences des Nations Unies coordonnent l’acheminement de soins médicaux d’urgence, d’eau potable, de nourriture, d’abris temporaires et de matériel logistique destiné à assurer la distribution de l’aide humanitaire.
Une catastrophe appelée à durer
Les Nations Unies se préparent désormais à une aggravation du bilan humain. Dix mille housses mortuaires doivent prochainement être acheminées afin de faire face au nombre de victimes qui pourraient encore être découvertes sous les décombres. Mais au-delà de l’urgence immédiate, c’est déjà le temps de la reconstruction qui s’annonce. À La Guaira, plusieurs centres d’accueil sont en cours d’installation afin d’héberger les familles ayant perdu leur logement. Elles y bénéficieront de soins, d’une aide alimentaire, d’un accompagnement psychologique et de services de protection. Pour Vanessa May, responsable au Venezuela du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), la catastrophe ne se limite pas aux dégâts matériels. Passer brutalement d’un foyer à un hébergement d’urgence constitue une épreuve humaine majeure. Le soutien psychologique sera aussi indispensable que l’aide médicale ou alimentaire, notamment pour les familles toujours dans l’attente de nouvelles de leurs proches ou confrontées au deuil.
Le défi de la reconstruction
Lorsque les opérations de recherche prendront fin, les Nations Unies lanceront une évaluation rapide des besoins afin de définir les priorités de la reconstruction. Les écoles, les hôpitaux et les infrastructures essentielles figurent parmi les premiers équipements qui devront être sécurisés puis reconstruits. Les autorités devront également identifier de nouveaux sites d’accueil pour les populations déplacées et procéder à des études de stabilité des sols avant toute réinstallation. Pour les responsables humanitaires, ce chantier s’inscrira dans la durée. L’ONU souligne que la rapidité de la mobilisation internationale a été rendue possible grâce au dispositif humanitaire mis en place au Venezuela depuis 2019, réunissant agences onusiennes, Croix-Rouge et organisations non gouvernementales.
Reste désormais un enjeu majeur : maintenir la solidarité internationale une fois passée l’émotion des premiers jours. Car si les secours se poursuivent aujourd’hui, la reconstruction du Venezuela s’annonce, elle, comme un travail de plusieurs années.
Anna CHAIRMANN avec ONU Info



