Publié le 13 juillet 2026 à 16h24 - Dernière mise à jour le 13 juillet 2026 à 16h24
À la veille de la 80e édition du Festival d’Avignon, les artistes réunis sur le plateau de la Cour d’honneur du Palais des Papes ont adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Inquiets des réductions de crédits annoncées pour le spectacle vivant, ils demandent l’annulation des baisses prévues en 2026, l’ouverture d’un débat national sur l’avenir du service public de la culture et un engagement à porter progressivement son financement à 1 % du budget de l’État.

Une prise de parole dans la Cour d’honneur
Le Festival d’Avignon est devenu, le temps d’une soirée, une tribune pour le monde de la culture. Dimanche 12 juillet, avant la représentation donnée dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, les artistes ont publiquement interpellé le président de la République sur l’avenir du spectacle vivant. Dans une lettre ouverte lue devant le public, ils dénoncent les réductions budgétaires qui frappent les compagnies, les lieux de création et les festivals. Selon eux, ces décisions font peser une menace sur l’ensemble de l’écosystème culturel français, déjà fragilisé par plusieurs mois d’incertitudes.
Le Festival d’Avignon s’associe au mouvement
Dans un communiqué, le Festival d’Avignon, membre du Syndeac, affirme s’associer pleinement au mouvement de mobilisation engagé par les professionnels du spectacle vivant. Ses responsables demandent un moratoire sur les baisses budgétaires annoncées pour 2026 et défendent l’objectif de consacrer, à terme, 1 % du budget de l’État à la culture, contre environ 0,7 % aujourd’hui, selon les chiffres avancés par les signataires.
Pour le Festival, fragiliser les théâtres, compagnies et lieux labellisés reviendrait à affaiblir l’ensemble de la chaîne de création et de diffusion des œuvres. Chaque été, depuis près de quatre-vingts ans, Avignon s’appuie sur ce réseau national pour proposer des créations théâtrales, chorégraphiques et circassiennes qui irriguent ensuite les scènes françaises.
« Une erreur historique »
Dans leur lettre, les artistes estiment que les nouvelles restrictions budgétaires constituent une menace pour le service public de la culture. Ils rappellent qu’au plus fort de la crise sanitaire, Emmanuel Macron avait mis en place « l’année blanche » afin de préserver le secteur et lui demandent aujourd’hui de poursuivre cet engagement. Les signataires dénoncent des spectacles déprogrammés, des saisons réduites, des équipes artistiques et techniques précarisées ainsi que des structures contraintes de renoncer à certaines de leurs missions. « Affaiblir le service public de l’art et de la culture serait une erreur historique », écrivent-ils, avant d’appeler le chef de l’État à « ne pas être celui qui aura tout détruit».
La culture au cœur du débat public
Au-delà de la seule question budgétaire, les professionnels défendent le rôle de la culture comme facteur de cohésion sociale, d’éducation, de débat démocratique et d’attractivité des territoires. Le Festival d’Avignon rappelle ainsi que ses débats accueillent chaque année artistes, intellectuels et responsables politiques de toutes sensibilités. Il réaffirme sa conviction que la culture doit demeurer un pilier du projet républicain et appelle à l’ouverture d’un véritable débat national sur son avenir.
Joël BARCY
Pourquoi le monde de la culture se mobilise-t-il ?
Depuis plusieurs mois, le spectacle vivant s’inquiète des réductions de crédits annoncées par l’État et de la baisse des financements décidée ou envisagée par plusieurs collectivités territoriales. Théâtres, compagnies, festivals et structures culturelles alertent sur les conséquences de ces restrictions budgétaires, qui se traduisent déjà, selon les professionnels, par des déprogrammations de spectacles, des créations reportées ou annulées, une diminution des tournées et une précarisation accrue des équipes artistiques, techniques et administratives. Réunis à Avignon, les acteurs du spectacle vivant demandent un moratoire sur les baisses de crédits prévues en 2026, l’ouverture d’un débat national sur l’avenir du service public de la culture et un engagement de l’État à porter progressivement le budget consacré à la culture à 1 % du budget national, contre environ 0,7 % aujourd’hui, selon les chiffres avancés par les signataires de la lettre ouverte.Le Festival d’Avignon rappelle que les salles de spectacle demeurent largement fréquentées et que la culture représente également un enjeu économique, touristique et d’attractivité pour les territoires.



