Publié le 1 septembre 2026 à 11h18 - Dernière mise à jour le 1 septembre 2026 à 11h19
L’académie d’Aix-Marseille perd 5 800 élèves à la rentrée 2026, après une diminution de 3 000 élèves l’an dernier. Une baisse démographique importante qui doit permettre d’alléger les classes et d’améliorer l’encadrement, les moyens enseignants n’ayant pas diminué dans les mêmes proportions. Avec moins de 80 % de réussite au diplôme national du brevet en 2026, l’académie entend notamment renforcer la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique.

« Un professeur devant chaque élève »

C’est la promesse de Benoît Delaunay, recteur de l’académie d’Aix-Marseille pour cette rentrée. La tâche est facilitée par une baisse des effectifs : 5 000 élèves en moins dans le primaire et 800 dans le secondaire. Cette baisse démographique est inquiétante mais elle permet, dans un premier temps, d’avoir des classes moins chargées, le ministère n’ayant pas réduit les moyens enseignants à hauteur de la diminution du nombre d’élèves. Dans les Bouches-du-Rhône, la baisse atteint 3 200 élèves. « Cela aurait pu amener le département à rendre plus d’une centaine d’emplois, relève Jean-Yves Bessol, inspecteur d’académie du département. En fait, nous n’en rendons que 20. Tous ces emplois qui ont été maintenus nous permettent donc d’améliorer l’encadrement dans les classes. Le ministère a pris en compte les caractéristiques sociales et économiques du département. »
Le brevet dans le viseur
Depuis plusieurs années, la France enregistre une baisse de ses résultats scolaires. Ceux du diplôme national du brevet, dont les modalités ont évolué, ont mis en évidence les progrès qui restent à accomplir. Dans l’académie d’Aix-Marseille, moins de 80 % des élèves ont obtenu leur diplôme en 2026. L’effort va donc notamment porter sur le collège. « On souhaite, pour la réussite de chaque élève, mettre le progrès pédagogique au cœur des démarches. Pour une meilleure maîtrise du langage et une meilleure maîtrise du raisonnement scientifique, depuis la maternelle jusqu’au lycée », insiste le recteur
Anticiper la baisse démographique
Devant l’ampleur de la baisse démographique, il n’est plus question de procéder uniquement à des ajustements à chaque rentrée scolaire. Une vingtaine de départements expérimentent désormais une réflexion locale à plus long terme. Parmi eux, les Hautes-Alpes, où l’objectif est d’anticiper l’évolution des effectifs et de l’organisation scolaire. Pour Mathieu Sieye, Dasen (Directeur académique des services de l’éducation nationale) des Hautes-Alpes : « La méthode traditionnelle consistait à gérer les moyens d’une année sur l’autre. Là, on change complètement les choses : on anticipe et on se projette sur cinq ans, dix ans. C’est un travail de partenariat avec les élus. Ensuite, on se met d’accord sur les aménagements scolaires à effectuer dans les territoires alpins. » Une planification rendue d’autant plus nécessaire que la diminution du nombre d’élèves devrait continuer à modifier profondément la carte scolaire dans les prochaines années.
Téléphone portable : pas de révolution annoncée
La rentrée voit également se renforcer la mise à l’écart du téléphone portable dans les établissements. Le recteur ne semble pas anticiper de difficultés particulières. « Dans des collèges, les élèves enferment leur téléphone dans leur cartable et ça se passe bien en classe. Pas besoin de structures spécifiques ni de surcoût. » Une réponse pragmatique à un sujet qui suscite régulièrement le débat sur la place des écrans à l’école.
Et la chaleur dans les établissements ?
Le réchauffement climatique semble en revanche occuper une place plus réduite dans cette rentrée. Aucun recensement des établissements particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs n’est présenté à l’échelle de l’académie. La réponse passe notamment par l’adaptation du calendrier et de l’organisation des examens, qui doivent se dérouler le matin à partir de l’année prochaine afin de limiter l’exposition aux températures les plus élevées. Une mesure qui risque toutefois de montrer rapidement ses limites si les épisodes caniculaires de juin deviennent la norme plutôt que l’exception.
Reportage Joël BARCY



